Elections régionales 2010 : « Ecarté, Serge Méry menace de quitter le PS »

de | 2009-12-14

Elections régionales 2010 : Dix jours après la ratification par les militants socialistes de Seine-Saint-Denis de la liste de leurs 29 candidats à l’élection régionale de mars prochain, plusieurs militants et élus du parti ont exprimé et dénoncé les méthodes de leur fédération et de leur chef de file, Claude Bartolone.
Eviction brutale des sortants, non-respect des règles internes au parti, absence de représentants des sections les plus importantes : la liste des récriminations est longue.

Au point que Serge Méry, actuel vice-président du conseil régional chargé des transports et non reconduit, menace de démissionner du parti après quarante ans de militantisme, « si aucune évolution n’intervient rapidement ». « Je ne peux cautionner les pratiques indécentes de certains de nos dirigeants, les luttes fratricides, les éloges des incompétences, les choix tactiques douteux, le viol de nos règles et statuts », écrit-il dans un mail au vitriol.

« Des aigreurs et de l’amertume », selon la fédération

Un recours a également été déposé par Abdelhamid Belkhdar, membre du conseil fédéral et militant à la section de Bondy, auprès de la première secrétaire du parti, Martine Aubry. Il y dénonce les multiples irrégularités qui ont, selon lui, conduit à la désignation de la liste emmenée par Abdelhak Kachouri, 32 ans, adjoint au maire de Saint-Ouen. Il fustige la commission électorale et dénonce ensuite le manque de sincérité du scrutin en conseil fédéral qui s’est déroulé « sans isoloir, chaque conseiller étant appelé personnellement à la tribune pour cocher son bulletin de vote au vu et au su de la direction fédérale ».
  
Comme si cela ne suffisait pas, des voix s’élèvent pour dénoncer l’absence des plus grosses sections du département parmi les candidats en position éligible. Bondy, Saint-Denis, Noisy-le-Grand, Montreuil ou encore Aulnay auraient ainsi été « oubliées ».
  
Sans nier la grogne, on la relativise au niveau fédéral. « N’oublions pas que la liste a été approuvée par 63 % des militants et que la participation a été bonne, 1 adhérent sur 2 s’est déplacé pour voter », estime Mathias Ott, le numéro deux. Si toutes les grosses sections ne sont pas représentées, « c’est parce qu’il n’y a que 6 ou 7 places éligibles, l’ensemble des villes ne peuvent pas y être ».
  
Dans ces protestations, les proches de Claude Bartolone voient surtout « des aigreurs et de l’amertume », notamment parmi les sortants non reconduits (cinq élus sur six). « Nous avons fait le choix du renouvellement, de la diversité et de la jeunesse, explique-t-on. Mais ce n’est pas forcément facile de céder sa place. » Et de rappeler que Serge Méry, élu au conseil régional depuis sa création, a toujours son mandat de conseiller général d’Epinay-sur-Seine.
 
Source : Le Parisien – Blandine Seigle et Julien Duffé – Le 14 décembre 2009