Ecologie : Un malus de 15 % à l’étude sur les téléviseurs les plus énergivores

de | 2008-08-22

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   Le ministère de l’Ecologie veut élargir le système des bonus-malus à une vingtaine de produits. Les plus énergivores pourraient être taxés jusqu’à 15 % de leur prix de vente.
   

   Le prix à l’achat de certains produits électroniques pourrait augmenter à la caisse.
Le ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo, envisage en effet d’élargir le bonus-malus écologique jusqu’ici appliqué à l’automobile, à une vingtaine de catégories d’articles supplémentaires. La liste des produits concernés est encore tenue secrète et les modalités d’application du dispositif, envisagée pour le mois de mai 2009, sont toujours en discussion au sein du ministère.
Mais il semble acquis que les ordinateurs et les téléviseurs en feront partie. Selon une source proche du dossier, les écrans plats les plus consommateurs en électricité pourraient ainsi faire l’objet d’un malus de 15 % sur leur prix de vente. Un modèle à 800 euros verrait son prix augmenté de 120 euros. Les téléviseurs les plus verts, à l’inverse, pourraient disposer d’une prime à l’achat.
Les industriels du secteur ne sont pas opposés à ce que le gouvernement mette en place des mesures pour favoriser l’adoption d’écrans plus écologiques. Encore faut-il s’entendre sur la méthode. « Le timing n’est pas le bon. Acheter un écran n’est pas si simple. Les consommateurs doivent déjà se familiariser avec d’autres notions comme la TNT, le HD Ready, le Full HD », commente Bernard Heger, délégué général du Simavelec, le Syndicat des industries de matériels audiovisuels.

Un malus, pas de bonus

Les fabricants prônent, dans un premier temps, l’adoption d’un étiquetage, comme c’est déjà l’usage pour les produits blancs (réfrigérateurs, lave-linges, etc.). Ils seraient favorables au bonus-malus si les comportements des citoyens n’évoluaient pas vers un comportement plus responsable.
Les appareils les plus énergivores, affublés d’un E, pourraient alors faire l’objet d’un malus. Quant aux plus verts, dotés d’un A, ils pourraient à l’inverse recevoir un bonus. Le versement de cette prime, telle qu’elle est envisagée par le ministère de l’Ecologie, se ferait sous la forme de coupons à renvoyer. En échange, le consommateur recevrait un chèque. A moins que Bercy n’en décide autrement.
En effet, le bonus-malus mis en place il y a un an sur l’automobile est loin de s’autofinancer, comme l’espérait Jean-Louis Borloo. Au contraire, selon les prévisions du ministère du Budget, le déficit comptable de cette mesure pourrait être de 200 millions d’euros sur 12 mois. Aussi, Bercy aimerait taxer simplement les produits les plus consommateurs d’énergie sans verser de bonus aux plus écologiques. Dans ce cas, le bonus-malus serait purement et simplement remplacé par une taxe écolo. Il reviendra au président de la République, Nicolas Sarkozy, de trancher cette question.

Une mesure complexe à mettre en oeuvre

Quoi qu’il en soit, les industriels du secteur s’accordent à dire que la mise en place d’une telle mesure est loin d’être aisée. Ils exigent une pondération entre les modèles. « Les grands écrans ne sauraient être comparés avec les petits, moins consommateurs d’énergie, martèle Bernard Heger. Adopter ce principe, équivaudrait à tuer la haute-définition avant son adoption par le public. » Aussi appelle-t-il à prendre en compte la consommation d’énergie au centimètre carré.
Reste aussi à prendre en compte les usages. « Un écran plasma consomme d’autant plus que les couleurs affichées sont vives, ce qui n’est pas le cas des écrans LCD dont la consommation reste étale », précise le délégué général du Simavelec.
Les modalités d’un bonus-malus sur les téléviseurs paraissent complexes, mais ce n’est rien comparé à son application aux ordinateurs, sur laquelle le ministère de l’Ecologie n’a pas encore tranché.
La consommation énergétique d’un PC ou d’un Mac dépend en grande partie de ses composants et même des logiciels utilisés. Un malus appliqué aux PC sans tenir compte de ces critères ne permettrait pas de prendre en compte l’importante disparité entre les modèles. Un beau casse-tête en perspective.
   
Source : 01Net. – Hélène Puel – Le 20 août 2008