Dominique de Villepin se définit comme «gaulliste au sein de l’UMP»

de | 2009-06-02

Dominique de Villepin se définit comme «gaulliste au sein de l'UMP» - image  on http://www.billelouadah.fr    L'ancien premier ministre Dominique de Villepin «croit en la vertu du changement» à la tête de la Commission européenne.

 

C'est un club qui ne s'en donne pas le nom : celui des proches de Dominique de Villepin.

Début avril, déjà, ils s'étaient donné rendez-vous à l'Assemblée pour disserter de la France et de l'Otan. Villepin a récidivé mercredi 27 mai 2009 à l'occasion d'un colloque intitulé «La France et l'Europe».

Ses amis parlementaires à la tribune ont préparé le terrain en dénonçant une campagne des européennes «sur laquelle je n'ai, hélas, rien à dire» (François Goulard), «qui est préparée comme une cantonale» (Jean-Pierre Grand).

Hervé Mariton concède, lui, que le slogan de l'UMP («quand l'Europe veut, l'Europe peut») est «joli». Mais «encore faut-il que l'on soit clair sur ce que l'on veut».

 

Dominique de Villepin n'a pas détrompé ses amis en dressant un état des lieux sombre de la construction européenne et en dénonçant trois illusions. Celle qui veut que «passées les difficultés, tout recommencera comme avant». «Non, rien ne sera plus jamais comme avant, les nouvelles forces déchaînées détermineront une nouvelle organisation du monde» , prédit-il.

 

Celle de la fin de la crise institutionnelle : «Le traité de Lisbonne ne suffira pas à donner à l'Europe les moyens de s'affirmer au monde.» Quant aux solutions actuellement en œuvre, il indique : «C'est vrai, la présidence française a marqué une étape. Et quand on est en initiative, on peut marquer des points.» Mais «la simple initiative ne suffit pas. Avec elle, on peut geler une crise, mais pas la résoudre. On peut mobiliser les forces, mais on n'adopte pas de nouvelles règles.»

 

Pour dépasser ces difficultés, Villepin préconise de «reconstituer le moteur franco-allemand». Et déplore que la France ait «raté une occasion» : le mariage du français Areva et de l'allemand Siemens «s'est heurté à la volonté française de ne pas laisser monter les Allemands» dans la hiérarchie de l'ensemble.

 

Il propose également de «suspendre tout nouvel élargissement» tant que n'aura pas été retrouvée la «capacité de reconstruire la maison Europe». Mais, souligne-t-il, «il faudra fédérer des forces, des États autour d'elle», pour constituer «un pôle de puissance paneuropéen» avec les Balkans, la Russie, le Maghreb et la Turquie, «sans préjuger de l'avenir de ce grand pays».
  

                           «Il y a quelque intérêt à renouveler les hommes»

  
L'ancien chef de gouvernement a également appelé à «une nouvelle donne» à la Commission, soulignant que celle dirigée par José Manuel Barroso «a vécu sur une politique qui a été très marquée par la volonté libérale, la concurrence libre et non faussée et qu'elle a été prise beaucoup de travers par la crise économique et financière».«Je crois qu'il y a quelque intérêt à renouveler les hommes, à les rafraîchir et peut-être les utiliser à nouveau», a-t-il expliqué, dans une allusion qui pouvait inclure son propre destin.

 

«Je serai fidèle à ma famille politique, gaulliste au sein de l'UMP», a enfin expliqué Villepin à propos du scrutin du 7 juin. «Convaincu qu'il y a des personnalités dont l'engagement est fort», a-t-il poursuivi en saluant Michel Barnier et Dominique Baudis, il a assuré qu'il suivrait leur engagement «avec réalisme et avec exigence».

«Mais les choses ne s'arrêtent pas dimanche prochain», a-t-il sobrement conclu.

Source : Lefigaro.fr – Jean-Baptiste Garat – Le 02 juin 2009