Dominique de Villepin candidat à la présidentielle

de | 2011-12-12
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Dominique de Villepin, dimanche soir, sur le plateau de TF1. Crédits photo : THOMAS SAMSON/AFP

L'ancien premier ministre a crée la surprise en annonçant sa candidature, dimanche soir, sur TF1. Cherchant à se placer «au-dessus des partis», il plaide pour un gouvernement d'union nationale.

Dominique de Villepin candidat à la présidentielle - image coeur- on http://www.billelouadah.frIl aura surpris tout le monde. En annonçant dimanche soir, sur TF1, sa candidature à l'élection présidentielle, Dominique de Villepin a déjoué tous les pronostics. On le disait affaibli politiquement, trop esseulé, mis en difficulté par la nouvelle affaire des Relais et Châteaux. L'ancien premier ministre n'en a cure: il participera bel et bien à la course à l'Elysée. «Comme gaulliste, il ne faut pas choisir le chemin de la facilité», a-t-il déclaré dimanche soir, en promettant pour 2012 «des surprises, beaucoup de surprises…»

Dominique de Villepin, qui dénonce la «loi des partis», a décidé de se placer au dessus des formations politiques en prônant un gouvernement d'union nationale, comme François Bayrou l'a fait lors de l'officialisation de sa candidature. «Je ne crois pas qu'il y ait la vérité à gauche, à droite, ou au centre», a-t-il assuré, ironisant sur les «bouts de gras» que se sont disputés socialistes et écologistes en marge de leur accord de mandature. «J'ai confiance dans la capacité des Français à discerner ce qu'est l'intérêt général et à quel point plus que jamais l'union nationale s'impose à nous tous», a-t-il ajouté. Et de tacler Nicolas Sarkozy: «On peut très bien poursuivre avec le même [chef d'Etat] pour encore cinq ans. Dix ans, c'est long»…

«Défendre une certaine idée de la France»

Au printemps, Dominique de Villepin avait présenté son projet de «refondation politique» basé sur un nouveau contrat de citoyenneté, en précisant qu'il avait «fermement l'intention» de l'«incarner» l'an prochain à l'élection présidentielle. Mais personne ne l'a vraiment cru. La faute aux sondages, qui ne donnent pas la part belle au leader de République Solidaire. Dans la dernière enquête LH2 pour Yahoo! publiée ce dimanche, l'ancien premier ministre est crédité de 1% des intentions de vote au premier tour.

La faute aussi à ses amis politiques, qui l'ont peu à peu abandonné, accréditant la thèse du renoncement. Marie-Anne Montchamp, l'ancienne porte-parole du parti devenue secrétaire d'Etat de Nicolas Sarkozy, les députés Jacques Le Guen et Daniel Garrigue, son attaché de presse, Chantal Bockel… Autant de villepinistes de la première heure qui ont abandonné le navire de République solidaire, rebaptisé par certaines mauvaises langues «République solitaire».

Reste Jean-Pierre Grand, qui, en fidèle lieutenant, s'est félicité de la décision de son mentor. «La voix forte et libre de Dominique de Villepin ne pouvait être plus longtemps absente du débat présidentiel. Sa vision, son expérience et son courage, porteront son projet politique, ambitieux face à la crise, socialement juste pour les Français et moderne pour refonder la Nation», a écrit le député de l'Hérault dans un communiqué publié dimanche soir.

Aujourd'hui candidat, Dominique de Villepin entend «défendre une certaine idée de la France», reprenant ainsi une expression du Général de Gaulle. Ira-t-il jusqu'au bout de son aventure? Comme François Bayrou, l'ancien premier ministre, qui dit s'être réconcilié avec Nicolas Sarkozy, devrait subir la pression de la droite. Dimanche soir, déjà, plusieurs responsables de l'UMP, comme Valérie Rosso-Debord ou Nadine Morano l'ont appelé à renoncer à sa candidature, insistant sur le «risque réel» d'un 21 avril à l'envers. Dominique de Villepin doit préciser ses intentions et exposer son programme lors d'une conférence de presse, mardi.

Source : Le Figaro.fr – Jim Jarassé – Le 11 décembre 2011