Délinquance : « Pas un jour sans braquage en Seine-Saint-Denis »

de | 2008-09-10

Repère :
Le samedi est le jour où il y a le plus de braquages (65 en 2008). Les pics se situent du jeudi au samedi et en matinée et en soirée, au moment des ouvertures et fermetures (entre 6 heures et 14 heures et entre 18 heures et 20 heures).
+ 28,63 % de braquages sur les huit premiers mois de l’année, par rapport à 2007 (363 en 2008 et 275 en 2007).
 
Sur toute l’année 2007, il y a eu 435 braquages et 347 en 2006 :
Le district de Saint-Denis concentre le plus grand nombre de ces braquages (112, + 36,58 %). Augmentation notable à Aulnay (80, soit + 29,03 %) et explosion à Montreuil (82, soit + 121,62 %). En baisse dans le secteur de Bobigny (89, soit – 2,20 %).
Les supérettes sont les commerces les plus ciblés (76 sur 363 braquages). Suivent les établissements bancaires (34), les tabacs-débits de boisson (32), les stations-service (24), hôtels (20), restaurants (19), bijouterie (14), etc.
203 audits de sécurité réalisés par la police sur des commerces, tabacs, centres commerciaux depuis 1999.
 
Le nombre de vols à main armée ne cesse d’augmenter. La police multiplie les opérations antihold-up, comme hier à Noisy-le-Grand.
 

Au poste de sécurité des Arcades, à Noisy-le-Grand, un mur de douze moniteurs high-tech permet d’avoir l’oeil partout. Dans les allées intérieures, les promenades extérieures ou encore sur l’entrée de la gare RER Noisy-Mont-d’Est. C’est là que deux convoyeurs de fonds ont été violemment agressés, le 1 e r septembre, pour la mallette de 70 000 € qu’ils transportaient.
Pas un jour sans braquage en Seine-Saint-Denis 8 000 € ont encore été dérobés lundi matin à la poste de Neuilly-Plaisance où la moyenne quotidienne est de 1,44. « En Seine-Saint-Denis, l’opération antihold-up, c’est toute l’année », résume Erick Degas, chef d’état-major de la police.

+ 121 % dans le district de Montreuil

Hier, il a révélé les dernières statistiques, qui traduisent une explosion de ce phénomène. Les vols à main armée sont passés de 275 sur les huit premiers mois de l’année 2007 à 363 sur la même période en 2008. Et seules sont ici comptabilisées les attaques avec une arme à feu (vraie ou factice). Les vols avec couteau, barre de fer, batte de base-ball, bombe lacrymogène… n’entrent pas dans le bilan.
Les chiffres sont particulièrement inquiétants dans le district de Montreuil, qui englobe Noisy-le-Grand. Dans ce district, le moins touché du département l’an passé, les vols à main armée ont progressé de 121 %, avec 82 vols à main armée recensés depuis le début de l’année, contre 37 l’an passé. De l’avis de policiers, l’explication se trouve du côté d’une délinquance prégnante qui, comme ailleurs, passe du vol avec violence au braquage. « C’est moins risqué au niveau pénal, il y a plus de chances de repartir avec de l’argent qu’en agressant une personne seule, même si certains butins ne dépassent pas 10 €, et avec la loi sur la récidive, s’ils sont déjà connus pour des vols avec violence, les malfaiteurs préfèrent changer de délit », se hasarde un gradé. Autre conviction policière : les opérations sont souvent le fait de délinquants imprévisibles. « Il ne faut pas que les commerçants prennent de risques », insiste Erick Degas.

   Alors, pour lutter contre cette tendance à la hausse, le département développe des partenariats (avec la Poste, la chambre de commerce, les grandes enseignes), propose des diagnostics gratuits de sécurité pour tous et multiplie les actions sur le terrain : 7 438 opérations de visibilité (une présence policière visible à un moment et sur un secteur précis) et deux opérations ciblées organisées par semaine, comme hier à Noisy-le-Grand dans le quartier Mont-d’Est , avec le commissaire Vincent Probst, et des renforts départementaux à pied et à moto.
 
Source : Le ParisienCarole Sterlé – Le 10 septembre 2008