« Des services menacés à l’hôpital Ballanger » par Gwenael Bourdon / Le Parisien

de | 2008-07-03

   Pour l’heure, il ne s’agit que d’hypothèses, mais elles ont suffi à déclencher une levée de boucliers. Le conseil d’administration de l’hôpital Robert-Ballanger (Aulnay-Villepinte) a exprimé mardi soir son opposition aux propositions de l’agence régionale d’hospitalisation (ARH). L’établissement de 800 lits est sur la sellette.
 

Il pourrait perdre plusieurs de ses activités : la chirurgie du sein, la chirurgie gynécologique et l’angioplastie coronarienne (opération permettant de déboucher les artères). Inacceptable, selon le président du conseil d’administration, François Asensi. «On va devenir un hôpital de seconde zone, alors qu’on se trouve dans un bassin de vie de 400 000 personnes !» s’inquiète le député-maire PCF de Tremblay.

Mutualisation des moyens

Ces propositions ont émergé lors de l’une des conférences sanitaires organisées le 25 juin dernier en Seine-Saint-Denis. Leur objectif : dessiner le nouveau schéma régional d’organisation des soins. Dans ce cadre, l’accent est mis sur la mutualisation des moyens. Ainsi, observant que l’hôpital Ballanger et celui de Gonesse (Val-d’Oise) possèdent tous deux l’appareil permettant de réaliser les angioplasties, l’ARH envisage une synergie entre les deux établissements. A Aulnay, on pratique pourtant presque 400 interventions par an.
 
Plus surprenant encore, la remise en cause des activités liées aux cancers féminins. L’hôpital vient pourtant de mettre en place un pôle des maladies du sein, en recrutant deux nouveaux praticiens. «On dispose de tous les services sur place, dans un secteur en pleine croissance démographique», argumente le chirurgien gynécologue Stéphane Saint-Léger. Mais cette réorganisation n’a pas encore eu les effets escomptés. Avec «seulement» 22 cancers du sein opérés par an, et une trentaine de patientes sont suivies à Ballanger, l’hôpital est en deçà des seuils fixés par l’Institut national du cancer. Les malades seraient donc envoyées vers le CHI de Montfermeil, qui développe les mêmes spécialités.

   L’ARH tiendra-t-elle compte des efforts engagés ? Les négociations vont se poursuivre dans les mois qui viennent. Prudent, le directeur de l’hôpital refusait hier de s’exprimer à ce sujet. Hubert Valade, le directeur départemental des affaires sanitaires et sociales, rappelle les principes qui régissent la mise sur pied d’un nouveau schéma régional d’organisation des soins (Sros), en 2010 : « L’idée est d’articuler des soins de qualité au meilleur coût, pour un meilleur service de proximité. Tout le monde ne peut pas tout faire en même temps. Il faut faire un effort pour être rentable dans ses filières. Les établissements devront créer des filières d’excellence et en abandonner d’autres. »
 
Source : Le Parisien – Le 2 juillet 2008 – Gwenael Bourdon