Des jeunes d’Aulnay vont construire une école au Mali

de | 2010-07-06

Des jeunes d’Aulnay vont construire une école au Mali - image  on http://www.billelouadah.fr Distribuer des kits de fournitures scolaires, rencontrer des élus, acheter un terrain pour y construire une école… 
Ça ne ressemble pas vraiment à des vacances, mais c’est pourtant le programme de l’été pour 13 jeunes de la cité de la Rose-des-Vents à Aulnay.
  
Hier, ils se sont envolés pour Bamako, au Mali, dans le cadre d’un projet porté par l’association Quartier aux Mains nues.
   
La structure est née il y a trois ans pour venir en aide aux jeunes déscolarisés. Parmi eux, Ibrahim, 21 ans, pour qui ces deux semaines seront « les seules vacances de l’année ». L’an dernier, déjà, le jeune homme avait participé à une première délégation sur place. « Moi qui ai arrêté l’école en 3e, j’ai vu des jeunes à fond dans les études qui n’avaient ni table ni chaise pour travailler. Ça m’a vraiment touché. Je vois la vie d’une autre manière », explique-t-il.
  
« L’idée de se rendre à Bamako est venue de l’un des membres de l’association, qui est originaire de Kalaba Coura (NDLR : un quartier de Bamako) », explique Malamine

Diagouraga, président de la structure. L’été dernier, la délégation avait découvert la difficile réalité des enfants fréquentant l’école Denbanyuman, un établissement privé. « Les conditions sont vraiment mauvaises. Quand il pleut, il n’y a pas école », raconte Oumou, jeune femme de 24 ans, en montrant des photos d’élèves abrités sous un simple toit de chaume.
  
Sur place, les jeunes ont noué des liens avec la directrice de l’école, mais aussi les habitants du quartier. Une association de parents d’élèves s’est créée après leur passage. « On a essayé de sensibiliser les familles au fait qu’il fallait envoyer les enfants à l’école », indique Oumou.
Visiblement, le message est passé : après leur voyage, l’école aurait reçu 85 inscriptions supplémentaires. « Nos jeunes n’y allaient pas avec une casquette de sauveur. Mais, alors qu’ils sont en situation de grande précarité, ils expliquaient eux-mêmes aux enfants l’importance de l’école », souligne Malamine.
   
Depuis, l’association a décroché une subvention de 10000 € auprès de la ville. En travaillant deux mois à l’entretien des jardins familiaux de la Rose-des-Vents, les jeunes ont obtenu 3500 € supplémentaires du bailleur Logement francilien. De quoi acheter le terrain et bientôt lancer le chantier.
  
Source : Le Parisien – Gwenael Bourdon – Le 6 juillet 2010