Conseil Général de la Seine-Saint-Denis (93) : Bartolone défie à nouveau l’Etat

de | 2010-06-11

Conseil Général de la Seine-Saint-Denis (93) : Bartolone défie à nouveau l’Etat - image  on http://www.billelouadah.frLa chambre régionale des comptes recommande au conseil général de voter un budget en équilibre. Le président PS refuse cet avis et réclame des compensations de charges à l’Etat.

Deux mois après le vote d’un budget en déséquilibre, de « révolte », le département s’achemine, lentement mais sûrement, vers une mise sous tutelle. La chambre régionale des comptes a transmis mercredi son avis aux conseillers généraux. Sans surprise, elle recommande de supprimer du budget la somme « virtuelle » de 75 M€, réclamée à l’Etat au titre des charges transférées et non compensées.

Le 25 juin, l’assemblée départementale devra faire son choix : obéir, ou refuser et laisser l’Etat prendre en main son budget.

Sans hésiter, Claude Bartolone, président PS du département, opte pour la deuxième solution : « A l’Etat de prendre ses responsabilités. De toute façon, il a déjà la main sur notre budget en ne nous versant pas ce qu’il nous doit. ». Et de rappeler qu’en 2010 les compensations versées par l’Etat sont inférieures de 169 M€ au montant effectivement consacré aux allocations pour les personnes âgées, handicapées et le revenu de solidarité active (RSA). « Nous n’avons eu aucune réponse sur la situation de la Seine-Saint-Denis. Pour donner un seul exemple, nous avons cinq collèges à construire dans les sept ans à venir, et pas les moyens de le faire… »

Claude Bartolone convaincra-t-il au-delà de son propre camp? Pas à droite en tout cas, où l’UMP Jacques Chaussat imputait hier encore les difficultés du département à « quarante ans de gestion peu rigoureuse ». Quant aux élus du groupe communiste, ils défendent aujourd’hui une autre option : présenter un budget à l’équilibre, et surtout revenir sur le plan d’économies adopté le 8 avril (les communistes s’étaient abstenus, à l’exception de Jean-Jacques Karman, seul à gauche à avoir voté contre le budget). « Notre souci est de faire le moins de dégâts sociaux possible », souligne Pierre Laporte. En supprimant diverses aides (cartes améthyste, Imagine R, coupon informatique) et subventions, le département avait rogné près de 30 M€ sur ses dépenses de fonctionnement. « La population souffre déjà de choix qui ne dépendent pas de nous, mais on peut au moins corriger ces coupes », affirme Gilles Garnier, qui tentera d’ici au 25 juin de rallier Claude Bartolone à leurs propositions. Le groupe PC affirme pouvoir trouver la somme équivalente, en puisant notamment dans les droits de mutation et un petit excédent du compte administratif.

Impossible, rétorquait-on hier dans l’entourage de Claude Bartolone : « On ne pourra modifier le budget que si l’Etat consent un jour à nous verser davantage. » Pour l’élu socialiste, le combat semble davantage politique que comptable : « J’ai été le premier à populariser les difficultés des départements », se rengorge-t-il. Le 23 juin, avec l’Association des départements de France, il recevra à Bobigny les présidents de conseils généraux de gauche, pour débattre et poursuivre la mobilisation.

Source : Le Parisien – GB – Le 11 juin 2010