Conseil Général de la Seine-Saint-Denis (93) : « Qui sont les élus les plus assidus ? »

de | 2011-02-21

Conseil Général de la Seine-Saint-Denis (93) : Le conseil général de Seine-Saint-Denis, ce sont 40  élus qui se réunissent huit à neuf fois par an en séance publique, à l’hôtel du département à Bobigny. Derrière leurs bureaux en ellipse, ils débattent et votent les projets préparés lors des réunions de commissions.
 
Comme nous l’avions fait en 2008, lors du dernier renouvellement de la moitié de l’assemblée départementale, nous avons voulu vérifier l’assiduité des conseillers généraux aux 23 séances plénières de la présidence du socialiste Claude Bartolone.

Principal constat, les élus du 93 sont toujours aussi assidus. Ainsi, 70% d’entre eux ont assisté à plus de huit séances sur dix, et ils ne sont que deux — Nelly Roland (DVG) et Manuel Martinez (app. PS) — à en avoir séché plus de la moitié. Six élus, tous socialistes, ont même été présents à 100% des séances. A noter qu’une séance d’octobre dernier, sur le vote du plan collège, avait été boycottée par la droite et quasiment tous les communistes, ce qui explique par exemple que le chef de file de l’UMP, Ludovic Toro, n’a que 96% de présence. A l’inverse, la séance d’avril 2010, consacrée au vote du « budget de révolte », selon les mots de la majorité, a mobilisé 100% des élus, ainsi que des caméras de télévision.

Conseil Général de la Seine-Saint-Denis (93) : Si l’on compare la période Bartolone avec la période Bramy (2004-2008), on observe que les socialistes sont plus présents depuis que leur champion est président (Bertrand Kern est ainsi passé de 47% à 96% d’assiduité). Les communistes, au contraire, assistaient plus souvent aux séances avant mars 2008.

Une exception notable, celle de l’élu montreuillois Manuel Martinez, bon dernier. Ainsi en 2009, il n’a été présent qu’à la première (en février) et à la dernière (en décembre) séances de l’année. « A l’époque, j’étais adjoint à l’urbanisme de Dominique Voynet. Il y avait de gros dossiers à suivre. J’ai donné la priorité au mandat municipal », explique-t-il. Salarié à plein temps dans une multinationale, Manuel Martinez n’a pas renoncé à sa carrière professionnelle pour la politique. « C’est compatible à condition de ne pas exercer deux mandats exécutifs », assure-t-il.
 
L’élu souligne qu’il a travaillé au conseil général, notamment au sein de la commission sport et culture, et en représentant le département dans les conseils d’administration des collèges. « De toute façon, seuls 5% des dossiers sont réellement débattus en séance publique, le reste est tranché avant. » Dans le groupe communiste, Nelly Roland est passée de 83% de présence sous Bramy à 48% depuis mars 2008, époque où elle est devenue maire de Villepinte.

Même s’il est minoritaire, cet absentéisme fait désordre à quelques semaines des élections cantonales, surtout pour des élus qui se représentent devant les électeurs. Pour couper court aux critiques, Claude Bartolone annonce que, s’il est reconduit à la présidence, il compte appliquer au conseil général ce qui se pratique déjà à l’Assemblée nationale, à la région et même au Conseil de Paris. « Le versement des indemnités tiendra compte de la présence des élus en séance. S’ils ne sont pas là pour les votes, elles seront réduites en proportion », promet-il.

Source : Le Parisien – Blandine Seigle – Le 21 février 2011