Confédération du Centre : « Hervé Morin presse Jean-Louis Borloo de quitter l’UMP »

de | 2011-02-08

Confédération du Centre :
Le président du Nouveau Centre, Hervé Morin, et le président du Parti radical Jean-Louis Borloo, lors de leur visite au Salon aéronautique du Bourget, en juin 2009. (Crédits photo: Hamilton/Rea)

Le président du Nouveau Centre rencontre ce mardi le comité exécutif du Parti radical, préalable à une éventuelle confédération 

Confédération du Centre : Invité à s'exprimer ce mardi devant le comité exécutif du Parti radical, le président du Nouveau Centre Hervé Morin a reçu une mission: obtenir de son homologue Jean-Louis Borloo qu'il «clarifie» ses relations avec l'UMP. L'ancien ministre de l'Environnement a laissé entendre qu'il quitterait avec ses troupes le navire amiral de la majorité présidentielle à l'occasion d'un congrès extraordinaire des 15 et 16 mai. Promesse trop vague pour les dirigeants du NC, qui ne savent plus à quelle «confédération» se vouer.

Car pour «rassembler le centre», leur objectif officiellement commun, Borloo et Morin ont commencé à créer chacun sa propre confédération. Le premier a été nommé le 15 novembre «coordinateur politique» d'un groupe composé de ses amis, essentiellement des radicaux valoisiens mais aussi des membres du Nouveau Centre comme Maurice Leroy et Jean-Christophe Lagarde, et même Jean-Marie Bockel, président de la Gauche moderne. Le comité exécutif du Parti radical a entériné l'initiative le 19 janvier.

Le 27 janvier, Hervé Morin a jeté les bases de sa propre «confédération» avec Jean Arthuis, fondateur de l'Alliance centriste. Lequel a précisé que l'invitation au rassemblement s'adressait aussi au président du MoDem, François Bayrou, et que la future confédération déciderait «le soir du premier tour» qui elle choisirait de soutenir entre le candidat de l'UMP et celui du PS, les deux finalistes les plus probables. Le soir même, Jean-Louis Borloo adressait une lettre aux représentants des différentes sensibilités centristes pour leur proposer la mise en œuvre d'un «comité chargé de la préfiguration d'une nouvelle formation» .

 Une certaine effervescence

D'où une certaine effervescence, mercredi dernier, lors du comité exécutif du Nouveau Centre. Jean Dionis du Séjour s'est fait le porte-parole de la plupart de ses collègues parlementaires en refusant de «refaire la campagne de 2007». «Il n'est pas question d'attendre le soir du premier tour pour aller voir l'un et l'autre, a précisé le député du Lot-et-Garonne au Figaro. La dernière fois, nous avons failli en mourir. Cette fois, disons les choses clairement: nous avons une stratégie d'alliance avec l'UMP, alliance de combat mais alliance tout de même.» Ce qui implique, selon lui, une «double clarification»: que Jean Arthuis se positionne «très clairement dans la majorité» et que Jean-Louis Borloo «sorte de l'UMP».

Tout en revendiquant des liens d'«amitié» avec le président du Parti radical, Jean Dionis du Séjour confie avoir toujours adopté vis-à-vis de lui «l'attitude de saint Thomas». Il «attend de voir» pour croire à ses déclarations d'indépendance. «Je reconnais que ce n'est pas facile, ajoute-t-il, parce qu'il a autour de lui un nombre significatif de députés qui le soutiennent mais qui ont peur de faire le grand saut. Mais c'est la condition nécessaire de notre rapprochement avec le Parti radical.»

S'agissant de Jean-Louis Borloo, Hervé Morin est tout à fait d'accord pour réclamer des garanties. Il espère même lui faire préciser un calendrier, pour éviter que son homologue radical «joue la montre» dans le seul but d'empêcher une candidature centriste en 2012. La situation dans laquelle les parlementaires du Nouveau Centre ont placé leur président vis-à-vis de Jean Arthuis est plus délicate. «L'Alliance centriste s'est engagée avec le Nouveau Centre dans une confédération qui a pour fondement l'indépendance de ses membres, a-t-il déjà rappelé. Il serait plus convenable que Jean-Louis Borloo et le Parti radical sortent de l'UMP avant de nous rejoindre.»

Jean Arthuis, de son côté, n'a pas de doute: «Borloo joue le principe de précaution» en retardant au maximum le moment de sa rupture avec le parti présidentiel. Cette rupture aurait cependant une autre vertu aux yeux d'Arthuis : elle permettrait la constitution d'un groupe réunissant centristes, radicaux de gauche et de droite au Sénat après les élections de septembre. Un groupe si important qu'il détiendrait les clefs de la présidence de la Haute Assemblée, rien de moins.

Source : Le Figaro – Judith Waintraub – Le 8 février 2011