Compte rendu de la réunion publique sur le PLU du 22 janvier 2010 – Partie 2/2

de | 2010-01-31

Cet article poursuit  la présentation des différentes associations composant le collectif pour la sauvegarde des zones pavillonnaires et la révision du PLU, dont la première partie est consultable ici.

Stephane Fleury  débuta la présentation de cette association en faisant un retour très instructif sur les différentes zones que compose le Plan Local d'Urbanisme :

  • La zone Ua : zone de centralité dont les constructions peuvent atteindre 23 mètres de haut
  • La zone Ud : zone intermédiaire où les constructions sont limitées à 15 mètres de haut. Disséminée sur le territoire de la ville, c'est cette zone qui "pose problème" selon M. Fleury
  • La zone Uc : la zone des grands ensembles, principalement située dans le nord de la ville, et dont les constructions datent des années 60 et 70
  • La zone Us : zone des équipements publics (écoles, espaces publics divers…)
  • La zone N : zone des espaces naturels dont fait partie le parc Robert Ballanger ou du Sausset, par exemple
  • La zone A : zone agricole, dont des parcelles subsistent dans l'extrême nord de la ville
  • La Zone Uv : zone réservée aux espaces verts ou de loisirs. Les cimetières sont compris dans cette zone
  • La zone UI : zone réservée aux zones industrielles
  • La zone Ug : la zone pavillonnaire

Carte à l'appui, Stéphane Fleury revint sur la "dichotomie" Nord/Sud de la ville, avec notamment un Nord qui concentre la majeure partie des grands ensembles. Également, M. Fleury revint sur l'épisode de la rue des Saules. Les riverains, avertis par un sondage des sols, en vue de l'édification d'une éventuelle construction d'un immeuble de logements, manifestèrent leur désapprobation, la rue des Saules étant une zone pavillonnaire. Cette action fit "plier" le Maire, à quelques semaines de la décision du conseil d'état sur la validation des dernières élections municipales. En se basant sur cet épisode, Stéphane Fleury souhaita une plus grande concertation des riverains avant toute ébauche de construction.

  • Les défenseurs de la cité Arc En Ciel

Eve Chiffre, membre de cette association, présenta la situation encore tendue du secteur de la cité Arc En Ciel. En effet, peu après la validation des élections municipales par le conseil d'état, les riverains eurent l'information qu'un immeuble de 24 logements allait être construit sur un espace libre au centre de la cité, prévue initialement pour un équipement public.

Ce terrain de 1 800 m² environ comporte 4 Tilleuls que les riverains souhaiteraient préserver (ces arbres seraient condamnés si le projet initial venait à être validé).

Aujourd'hui, bien que le terrain soit entouré d'une grille pour y empêcher l'accès, au grand regret des habitants du quartier, le projet est en pause, et une étude sur la circulation dans le secteur est en cours.

Pour information, une pétition en ligne est disponible à cet endroit

  • Sud Aulnay, contre le périmètre d'étude rue des Pavillons/Rue de Condé

M. Leclerc, nouvel habitant à Aulnay Sous Bois, commença la présentation de son association en livrant une anecdote le concernant tout particulièrement : à peine son bien acheté dans le secteur proche des Pavillons Sous Bois, il appris que son secteur allait faire l'objet d'une zone d'étude pour l'installation d'immeubles de logements. Bien que cette zone soit Ug, le Maire affirma bien en effet sa volonté de reloger notamment les habitants de la cité Sainte Anne dans ce secteur (conseil municipal du 22 Octobre 2009).

Particulièrement déçus par cette initiative du Maire, M. Leclerc et plusieurs riverains décidèrent de créer une association qui a pour objectif principal de défendre la zone pavillonnaire dans le secteur Les Prévoyants – Le Parc.

La municipalité possèderait, selon M. Leclerc, déjà 40% du secteur concerné.

Les principaux griefs contre la municipalité sont :

  • Le manque de concertation
  • Le manque d'équipements créant ainsi une situation défavorable à l'arrivée de nouveaux habitants
  • Le refus d'immeubles de logements dans un secteur pavillonnaire

Actuellement, une campagne de sensibilisation est cours dans le quartier par les membres de cette association.

Christophe Hazebrouck, président de cette association, fit une comparaison de la situation à Aulnay sous  bois entre 1999 et 2006, et arriva à cette conclusion :

  • Peu de nouvelles constructions
  • Meilleur remplissage des logements vacants
  • Augmentation de l'habitat individuel

Avec une très grande zone pavillonnaire, Aulnay Sous Bois est, en quelque sorte pour M. Hazebrouck, une exception au sein de la Seine Saint Denis. En effet, la ville se différencie des autres, notamment si l'on tient compte des éléments suivants :

  • 29% des Aulnaysiens habitent la ville depuis plus de 20 ans (bien au dessus de la moyenne départementale)
  • 68% des logements en location sont des logements sociaux (soit 8 points au-dessus de la moyenne départementale)

M. Hazebrouck précisa ensuite le souhait de l'association de réviser le PLU, tout en désirant la participation massive des riverains aux discussions.

  • Réactions du public, dérapages politiques

André Cuzon, d'Aulnay Environnement, clôtura la présentation des différentes associations, et donna la parole à la salle. Après quelques questions sur des projets immobiliers en cours, notamment sur les rues du 14 Juillet et Anatole France, différentes personnalités politiques prirent la parole.

Tout d'abord, Mohammed Bensaber, du Nouveau Parti Anticapitaliste, souligna un relent caché par les différentes associations de ne pas faire venir des habitants du Nord de la ville dans un secteur Sud plus favorisé. Tout en rappelant l'amalgame sur l'insécurité et les logements sociaux, Mohammed Bensaber s'indigna du comportement de certaines personnes. Cette intervention fit réagir la salle qui s'indigna à son tour et fustigea le responsable local du NPA, en le taxant de procès d'intention. M. Halifax confirma d'ailleurs en indiquant qu'aucune personne n'avait proféré de tels propos lors de la présentation des associations.

Ensuite, Philippe Gente, adjoint au Maire, fit un retour sur l'historique du PLU, voté sous l'ancienne mandature, et affirma que certaines contre-vérités entendues, selon lui, lors cette soirée seraient démenties lors de prochaines réunions publiques.

Cité par deux fois par Philippe Gente, Jacques Chaussat intervint à son tour. Tout en assumant la responsabilité de l'ancienne majorité sur le PLU, avant les modifications significatives effectuées par Gérard Ségura, le Conseiller Général du Canton Sud exprima le souhait de revenir sur certains aspects techniques de ce PLU. Il souligna notamment l'importance de réaliser une concertation avec les habitants, laquelle devrait se situer très en amont des projets ; a fortiori lorsque qu'un quartier serait concerné par une profonde modification. Cette intervention fut très appréciée par de nombreuses personnes dans la salle.

Enfin, une altercation, sous forme de présentation du point de vue sur les préemptions, eut lieu entre Bruno Défait, conseiller Adjoint, et Frank Cannarozzo, conseiller municipal d'opposition.

Revenant sur les propos de Bruno Defait (celui-ci contesta par la suite), Frank Cannarozzo, comme Jacques Chaussat, accepta le fait que le PLU méritait d'être modifié.  Il souhaita en outre que chaque modification fasse l'objet d'un référendum. Quant à Bruno Defait, qui souhaita revenir sur certaines accusations proférées, selon lui, par le conseiller municipal d'opposition, il eut de grandes difficultés à s'exprimer, du fait qu'il fut chahuté par une partie de la salle (notamment sur sa déclaration sur les préemptions qui ne seraient pas généralisées selon lui).

Initialement prévue à 22h00, c'est finalement à 23h30 que les participants quittèrent la salle Dumont. Cette réunion, une première sur notre ville, aura permis de présenter les différents problèmes rencontrés dans divers quartiers, tout en étant instructif et permettant, espérons le, de mieux anticiper la révision du PLU prévue par l'actuelle majorité municipale.

Source : Aulnay Radical – Arnaud Kubacki – Le 31 janvier 2010