Compte rendu de la réunion publique Paul Bert du 22/06/2009

de | 2009-06-25

Nous l'avons appris tardivement, mais nous avons pu malgré tout nous déplacer pour recueillir les témoignages des habitants et les projets du secteur Paul Bert/Centre Gare. L'exécutif municipal avait donné rendez-vous, au travers de la démocratie locale, aux riverains pour présenter les grands axes qui influeront sur le devenir de ce quartier…

Une mobilisation correcte :

Prévue à 20h00 dans une salle de l'école Paul Bert, près de 50 personnes se sont réunies pour connaître les projets qui modifieront de manière substantielle le cadre de vie du quartier. Du côté de l'exécutif municipal, Philippe Gente, adjoint en charge de la démocratie participative, et Grégoire Mukendi, responsable du quartier au sein de la démocratie locale, étaient arrivés les premiers. On pouvait déjà entendre, au sein de la salle, les quelques sujets "chauds" sur lesquels plusieurs personnes ne manquèrent pas de revenir plus tard dans la soirée. Deux thèmes principaux étaient à l'ordre du jour :

  • L'extension des écoles Louis Solbès et Paul Bert
  • La modernisation du pôle gare

Extension des écoles :

Dans l'attente du Maire arrivé bien en retard (30 minutes environ), Philippe Gente prit l'initiative de présenter les principales modifications à apporter aux établissements scolaires Louis Solbès et Paul Bert. Avec l'aide d'un vidéo-projecteur et de quelques schémas, il nous présenta, notamment, le projet d'agrandissement d'une classe supplémentaire au sein de l'école Paul Bert (suppression d'un logement de fonction, réaffectation en une salle dédiée aux RASED, libération d'une salle de cours), ainsi que l'extension de l'école Louis Solbès (destruction d'un pavillon préempté début 2008, construction d'un nouveau réfectoire…)

Notant la poussée démographique au sein des écoles, le Maire, arrivé durant cette présentation, affirma que les écoles Nonneville et Fontaine des Prés seront également agrandies.

Cette présentation n'a pas suscité de grande réaction de la part des riverains. Sensiblement surpris, le Maire tenta alors "d'animer" la salle en parlant de la poussée démographique dans le secteur Savigny/Mitry, des "manquements" de son prédécesseur sur les études démographiques, et des problèmes de places en cantines, notamment pour l'école Nonneville.Mais rien n'y fait.

C'est alors que l'on dévia sur un autre sujet, celui du terrain de l'ancien centre des impôts


Quel projet pour ce terrain ? :

Toujours sur le ton de la polémique, le Maire revint sur le prix de ce terrain, qui était estimé à 510 000 € à l'époque, et qui en coûte aujourd'hui 2,8 millions d'euros (sic). Il déclara avoir "voulu" l'acquisition de ce terrain pour un projet directement géré par la municipalité. "Je n'avais pas été écouté", dira t-il. Il affirma souhaiter un projet d'implantation d'une maison de retraite, d'une mini-crèche et de l'extension de la mairie annexe, qui se trouve à proximité.

Franck Cannarozzo, présent ce soir là, ne manqua pas de prendre la parole pour nuancer les propos du Maire, notamment sur la problématique de dépollution (amiante) et les problèmes de poches de gypse qui rendent tout projet complexe.

Enfin, A. Amédro, arrivé également en cours de soirée, précisa vouloir implanter un périmètre d'études comme une arme face au propriétaire (qui refuse de se conformer aux souhaits de l'actuelle municipalité) !!!

Ce débat, très animé, fût clôturé par une prise de parole vive d'un riverain, qui fit remarquer que la soirée déviait de l'ordre du jour et des problématiques du quartier. "Il est parfois bon de connaître les problèmes des autres quartiers, et de la ville en général", répliqua P. Gente, qui fit la transition vers le second point à l'ordre du jour.

Retour sur le CDG Express :

Pour entamer ce sujet délicat, A. Amédro pris la parole pour exposer le contexte du projet :

  • Rénovation du RER B (119 rames entre décembre 2009 et 2014)
  • Trains interopérés (1 seul conducteur d'un bout à l'autre de la ligne, plus de relève en Gare du Nord entre le personnel SNCF et RATP)
  • Investissement global de la région, de la SNCF et du département de 250 millions d'euros
  • Projet RER Nord + (Omnibus), avec un passage toutes les 3 minutes à la gare d'Aulnay sous bois

Après avoir évoqué tous ces points, M. Amédro profita de la colère de certains riverains concernant la suppression de la ligne directe Aulnay<->Paris pour revenir sur le projet tant contesté du CDG Express (liaison directe aéroport Charles de Gaulles<->Paris). Bien qu'ayant vivement contesté le projet durant sa phase d'élaboration il y a quelques années, l'élu Vert s'est montré très consensuel en évoquant les avantages (décongestionnement du centre d'Aulnay et desserte des autres gares par l'Omnibus) et les inconvénients (trajets plus longs entre Aulnay et Paris) d'un tel projet. Une habitante dira à ce propos : "On dirait que l'on a honte d'Aulnay sous bois, et que l'on évite aux touristes de se mêler à la population locale". "C'est vrai", lui répondra le Maire. Ce dernier, toujours sur un ton très polémique, reviendra sur les querelles entre la Région et l'État concernant la gestion de ce projet : "Il y a eu un amendement à l'Assemblée Nationale pour confier ce projet à l'État au lieu de la région"; s'offusqua t-il.

Enfin, toujours sur un sujet similaire, M. Ségura regretta que la tangentielle RER B/RER D, qui aurait pu aboutir sur la création d'une nouvelle gare à proximité du site PSA à Aulnay, soit abandonnée au profit d'un projet d'implantation d'un million d'arbres dans le secteur. Il a d'ailleurs donné rendez-vous au Conseil Général à M. Blanc, Secrétaire d'État chargé du Grand Paris, qui dans un rapport au gouvernement, n'avait pas jugé utile la construction de cette tangentielle.

Pôle gare : une mise à niveau et de longs travaux à prévoir :

M. Defait, arrivé pour l'occasion, présenta un peu plus tard dans la soirée le projet de rénovation de la gare centrale d'Aulnay sous bois. Parlant d'un projet "moins ambitieux" que celui de son prédécesseur mais plus "réalisable" (car financé en grande partie par le CIF). Plusieurs modifications et nouvelles installations sont prévues dans ce projet :

  • Rehaussement des chaussées pour favoriser l'accès aux trains aux personnes à mobilité réduite (PMR)
  • Installation de 4 ascenseurs pour faciliter l'accès aux quais pour les PMR
  • Modification de la circulation des bus (temporairement) en changeant le sens de circulation de la rue Fernand Herbaut et de la rue Anatole France

Prévus en 3 phases, les travaux devraient durer jusqu'à l'Été 2011. Pendant ces travaux, une passerelle temporaire sera implantée pour accéder aux quais, et la circulation sera fortement perturbée.

L'ampleur des travaux et des conséquences ont fait quelque peu frémir la salle. Cependant, suivant le conseil d'un riverain, Bruno Defait profitera de l'efficacité de la Police Municipale pour veiller aux stationnements gênants et ainsi diminuer les gènes occasionnées par ces travaux.

Questions diverses

La séance de questions diverses, en fin de soirée, a permis aux riverains d'alerter les adjoints et le Maire présents dans la salle sur les divers projets immobiliers en cours dans le quartier. Qu'il s'agisse du projet rue Fernand Herbaut ou du devenir de l'ancienne imprimerie rue Maurice Bertheaux, plusieurs riverains se sont sentis inquiets sur cette densification qu'ils jugent outrancière.
Pour Alain Amédro, la densification du centre gare et la mixité sociale, tout en respectant les nouvelles normes écologiques, sont indispensables pour ancrer la ville dans le développement durable. Toujours selon lui, la création d'éco-quartiers proches de la gare serait l'idéal pour la ville.
Le Maire, quant à lui, estime que s'il faut densifier, c'est dans l'hyper-centre, tout en limitant la hauteur des projets (aujourd'hui, le PLU limite à 20 mètres la hauteur des bâtiments dans l'hyper-centre). Concernant les zones pavillonnaires, Gérard Ségura estime que la densification est inévitable, mais qu'il ferait tout pour la contrôler. Ces paroles ont inquiété un certain nombre de personnes dans la salle.
Sur un autre registre, plusieurs riverains ont sollicité le Maire sur le reboisement de la rue Anatole France, et leur grande appréhension sur le projet Aéroville.

Enfin, le Maire annonça le souhait de préempter des commerces rue Anatole France pour contrôler le tissu commercial et artisanal dans ce secteur (pour éviter l'implantation de nouvelles banques ou assurances).

Source : Aulnay Radical – AK – Le 25 Juin 2009

Une réflexion au sujet de « Compte rendu de la réunion publique Paul Bert du 22/06/2009 »

  1. Yves GUIADER

    La mixité évoquée par les élus se fait spontanément dans mon quartier (Max Robespierre) sans intervention intempestive des élus. La « densification » évoquée par les mêmes n’a pas d’autre fin que d’attirer à Aulnay une population exogène d’électeurs votant « bien » au sens où l’entend l’actuelle majorité L’alibi « social » ou l’inévitabilité dont le maire couvre ces intentions ne doivent pas en masquer la réalité. Le maire et son équipe semblent seulement oublier qu’ils n’ont pas été élus pour imposer leur idéologie, mais pour satisfaire les besoins des actuels habitants dont ils ne sont « que » les représentants. C’est ça la démocratie sociale dont M. Ségura nous rebat les oreilles.

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