Compte rendu de la réunion publique du 15/06/2009 (quartier Tour Eiffel, école Fontaine des Prés)

de | 2009-06-20

On le pressentait, la réunion
publique du 15 Juin annoncée par la municipalité à
l'école Fontaine des prés a tourné quasi
exclusivement autour du projet de construction d'un immeuble de
logements sociaux dans la cité Arc En Ciel. Aulnay Radical
était présent pour couvrir cet événement.


Une salle bondée et une
atmosphère tendue :

Prévue à 20h00 dans le
réfectoire de l'école, cette réunion a réussi,
un jour de semaine, à rassembler environ 150 personnes.
« C'est une surprise », affirmera Philippe
Gente, adjoint au Maire chargé notamment de la démocratie
locale, même s'il avouera par la suite, indirectement, qu'il
s'attendait à une forte mobilisation. Il n'y avait pas assez
de places assises et l'ensemble du réfectoire était
rempli. Plusieurs riverains ont d'ailleurs été privés
de la présentation
sur vidéo-projecteur, du fait que
l'écran n'était pas visible pour les personnes les plus
excentrées.

Outre P. Gente, Mme Bovais-Liégeois
(adjointe aux finances), Mme Benamou (adjointe aux logements), Miguel
Hernandez (adjoint au Patrimoine, bâti), Alain Amédro
(adjoint chargé de l'urbanisme, espaces verts) et bien sûr
le Maire étaient présents pour animer cette soirée.
Notons également la présence, aux côtés
des élus de la majorité municipale, de M. Crockaert,
Directeur de l'OP HLM à Aulnay sous bois.


Une présentation partielle du
projet :

Plusieurs points étaient à
l'ordre du jour :

  • Une présentation du projet
    polémique
    de construction de logements sociaux

  • Une présentation des axes
    de transport dans le quartier

  • Une revue sur le pôle de
    centralité (Centre-Gare)

Cependant, étant donné
l'émotion suscitée par le premier point, seul celui-ci
sera effectivement débattu durant cette soirée.

Le directeur de l'OPHLM, avec l'appui
de quelques diapos, présenta tout d'abord le contexte du
quartier, avec le projet initial d'un équipement public, où
il y avait une réserve foncière pour ce type
d'équipement. On y voit alors un bloc gris, occupant environ ¼
de l'espace vert, entouré d'arbres. Cependant, le Maire comme
M. Crockaert critiqueront ce projet qualifié « d'inadapté »
à l'espace urbanistique de la cité et d'incomplet,
notant le manque de places de parking sur le plan 3D.

Ensuite vint la présentation du
véritable projet. On y vit quelques dessins en perspective,
jamais au complet, de quelques faces de cette esquisse. On nota la
hauteur légèrement plus importante que les pavillons
environnants, la présence d'un escalier extérieur.
« C'est pour séparer les parties communes entre les
différents étages
 », assura le directeur de
l'OPHLM. 24 logements sont prévus, dont :

  • 12 T2

  • 8 T3

  • 3 T4

  • 1 T5

D'une hauteur de 12 mètres, le
projet accueillera des logements sociaux de catégorie PLS,
c'est à dire à loyer le plus important, encore
considéré comme du logement social.

Utilisant des « matériaux
nobles », cet immeuble respecterait les normes HQE (Haute
Qualité Environnementale).


Une
réaction globalement hostile des habitants :

Suite à cette présentation,
la parole était donnée aux habitants. Tout de suite,
les questions posées donnaient un sentiment de défiance
vis à vis de ce projet. Nous avons retenu les questions
suivantes :

  • Est ce un projet décidé
    ou peut-on encore l'influencer ?

  • Comment se fait-il que l'on voit
    la disparition d'un secteur vert dans le quartier ?

  • Où vont s'amuser les
    enfants du quartier en l'absence de cet espace libre ?

  • Ce projet ne risque t-il pas
    d'amplifier les problèmes de circulation dans le secteur ?

Bizarrement, hormis peut être le
premier point, ces questions seront laissées globalement sans
réponse, ce qui ne resta pas inaperçu auprès
d'un grand nombre de participants à cette réunion.

Le Maire tenta tout d'abord de
justifier sa politique en arguant de l'efficacité de la police
municipale quant à la répression de ceux qui ne
respectent pas les règles de stationnement. « Nous
avons entendu ces rumeurs comme quoi nous demandons aux policiers
municipaux de ne pas verbaliser. J'affirme que ce n'est qu'une rumeur
!
 », annonça le Maire.

Concernant les problèmes de
stationnement, le Maire répliqua, de manière quelque
peu agressive, à un riverain : « Il y a assez
d'espaces dans le quartier pour se garer. Bien assez pour accueillir
sereinement ces 24 nouveaux logements
 ».

Face à l'incompréhension
d'une partie de la salle
, le Maire confirma, ainsi que M. Hernandez,
que ce projet avait été présenté au
groupe de travail du conseil de quartier Tour Eiffel. « Cette
présentation était incomplète
 »,
rétorqua cependant un riverain.

Revenant sur le projet initial (bien
mieux accepté par l'audience), M. Ségura affirma que ce
projet aurait fait disparaître également une grosse
partie de l'espace vert, notamment à cause des parkings
nécessaires pour ce type d'équipement. Le directeur de
l'OPHLM précisera ensuite qu'en plein centre du nouveau
projet, un espace vert commun serait préservé. Cette
déclaration a pourtant laissé sceptique une bonne
partie de la salle
. « Une partie des places de parking
sera enterrée
 », ajouta t-il, coupant ainsi les
rumeurs de l'impossibilité d'une telle construction
à
cause de la proximité de la nappe phréatique dans le
secteur.

Toujours concernant le sujet de la
disparition de l'espace vert, Gérard Ségura revint sur
le projet initial, assurant que, de toute façon, il n'y avait
pas d'espace préservé et que, par conséquent, le
projet immobilier n'allait pas dénaturer le quartier.

« Les pavillons environnants
disposent déjà d'un espace vert. Il n'y a donc pas
besoin d'en implanter un nouveau dans la cité
 »,
ajouta t-il.


Alain
Amédro favorable à un consensus :

Dans un discours apaisé, l'adjoint à l'environnement et à l'urbanisme a surpris
par sa position contre le projet, et pour le retrait du permis de
construire
. Évoquant des raisons écologiques et structurelles,
M. Amédro considère que ce projet ne va pas de le sens
de l'aménagement durable
de la ville. Ses principales
inquiétudes sont :

  • La relative concentration de
    nouveaux logements dans un quartier peu pourvu en commerces de
    proximité

  • Le manque de transports en commun
    à proximité de ce quartier qui entrainerait une
    circulation plus dense et donc plus polluante

  • Le manque d'une vision d'ensemble

Évoquant le centre gare comme un des
secteurs à densifier
, l'élu Vert a proposé de
réduire à 12 logements le projet immobilier de la cité
Arc En Ciel, en transférant les 12 autres logements dans des
secteurs comme la rue Fernand Herbaut. L'argument principal avancé
est la proximité du RER et de nombreuses lignes de bus,
favorisant ainsi l'utilisation des transports en commun, ainsi que
les nombreux commerces présents au centre gare.

Cette présentation consensuelle
a reçu un avis très favorable de la salle.

Cependant, le Maire avertit qu'un
projet de 12 logements n'était pas viable dans le secteur Arc
En Ciel
, et qu'il serait obligé de faire un choix entre garder
l'esquisse du projet ou ne rien implanter du tout. « Je
suis favorable à 24 logements sur la cité Arc En Ciel,
mais aussi de 12 logements sociaux supplémentaires rue Fernand
Herbaut
 », ajouta le Maire.

Un sujet de discorde très
passionné :

Intervenant sur le sujet, Miguel
Hernandez
, Adjoint au Maire et représentant du quartier à
la démocratie locale, tenta de convaincre l'auditoire, en
vain. Prétextant la proximité du Stade Belval en guise
de succédané de terrain de jeu, les riverains,
apparemment excédés mais constructifs, lui ont rétorqué
l'impossibilité d'utiliser un tel équipement sans
disposer d'une carte d'adhérent à un club, faute
d'assurance suffisante. « Si vous voulez que la rue
devienne un terrain de jeu pour vos enfants c'est votre problème
! », s'exclama M. Hernandez, s'adressant aux riverains

Le Maire pris une fois de plus position
: « Sur ce terrain vague, il y avait des attroupements et
la police municipale intervenait à maintes reprises. J'ai été
sollicité 50 fois sous mon mandat de Conseiller Général
pour faire retirer des seringues
 », affirma t-il.

Revenant sur le projet immobilier, un
riverain, travaillant dans la décoration, déplora le
manque d'esthétisme
global du bâtiment, les couleurs mal
choisies
et non cohérentes avec le reste du quartier, ainsi
qu'une orientation plus que discutable par rapport à son
implantation. « Ce bâtiment arrive comme une verrue
dans le quartier
 », dira ce riverain, sur un ton très
apaisé. « Nous ne sommes pas contre quelques
ajustements
 », lui répondra le Maire.

Notons également l'avis
favorable de quelques riverains, qui, pour certains, se sentent
privilégiés compte tenu de la détresse de
nombreuses personnes en manque de logement. « J'ai le sens
du partage et je me sens privilégié, j'ai été
très surpris par la réaction de certains habitants
 »,
dira un père de famille de 4 enfants, habitant dans la cité.


Quid du
futur urbanistique à Aulnay Sous Bois ? :

Plusieurs habitants regrettèrent
l'absence d'un plan d'ensemble du projet, surtout vis à vis
des transports et des équipements publics. Plusieurs couples
ont ainsi alerté sur le manque de places dans les écoles
maternelles
, et la pénurie de places de crèches pour
les jeunes enfants du quartier. Beaucoup craignent en effet que la
venue de 24 nouvelles familles ne fasse qu'amplifier ce problème
de pénurie, déjà bien difficile à
supporter aujourd'hui.

Le conseiller Général
Jacques Chaussat prit ensuite la parole, notamment pour corriger une
erreur
dans une des déclarations du Maire. « Comment
pouvez vous affirmer que la ville perde 700 habitants par an, alors
qu'une étude récente de l'INSEE montre que la ville a
atteint les 82 000 habitants ?
 », s'exclama non sans
surprise M. Chaussat. « Je suis favorable, pour l'avenir
de notre ville, et pour préserver ses attraits, à ne
pas dépasser les 85 000 habitants
sur le moyen terme, et de ne
pas tendre vers les 90 000 ou 100 000 habitants
 ». Tout
d'abord en accord
avec les déclarations du conseiller général
du Canton Sud de la ville, le Maire rétorqua à
l'occasion d'un autre échange : « C'est impossible
d'empêcher la ville de ne pas atteindre le seuil des 100 000
habitants, vous ne pouvez pas maintenir la pression démographique
 ».

Enfin, Jacques Chaussat présenta
sa vision de la ville, en souhaitant favoriser les transports et les
déplacements afin de rompre le sentiment d'enclavement dans
certains quartiers. Ces propos ont été très bien
accueillis par la salle
. Il estima que le projet présenté
par l'OPHLM n'allait pas dans le sens d'un aménagement durable
et cohérent pour la ville.

F. Cannarozzo, quant à lui, est
revenu sur le principe d'écoute des habitants, et a proposé
au Maire de supprimer ce permis de construire, et de repartir de
zéro, tout en associant les riverains dans l'élaboration
d'un nouveau projet.

Des propos très surprenants ! :

En marge de ce sujet très
sensible, nous avons appris, avec stupéfaction, plusieurs
souhaits évoqués par le Maire. Le premier, et sans
doute le plus surprenant, consiste à détruire les
logements du Galion
, pour y installer, à la place, un parc
aménagé
. « Le parc Ballanger n'appartient
pas aux habitants du Galion !
 », affirma t-il. « Ce
quartier ne dispose pas d'un parc qui lui est propre. En installer un
en plein milieu permettrait d'améliorer le niveau de vie du
quartier
 ».

Également, évoquant le projet de
Bibliobus
pour pallier les manques de certains quartiers (notamment
le quartier de l'Europe), plusieurs riverains ont averti que ce type
de projet
avait été abandonné dans des
municipalités comme celles de Garges les Gonesse ou
Villepinte. « Je propose que l'on fasse un référendum
sur le Bibliobus
 », lui répondit le Maire.

Ces affirmations, très
surprenantes, sont elles des effets d'annonce ou une volonté
réelle de changer considérablement l'aspect politique
et urbanistique de la ville ? Nous tâcherons de rester vigilant
et reviendrons sur ces sujets prochainement.


Source : Aulnay Radical – AK – Le 20 Juin 2009