Centre droit : « Le Parti radical cherche à se faire entendre à l’UMP »

de | 2010-04-07

Centre droit : Jean-Louis Borloo veut compter dans la recomposition du paysage politique au centre.
  
Le cercle des parlementaires radicaux, qui regroupe seize députés, six sénateurs et quatre députés européens, veut avoir plus de «lisibilité» au sein de la majorité présidentielle. Les députés membres du plus ancien parti de France se réunissent chaque mardi après la réunion du groupe UMP.
   
Jean-Louis Borloo, le président du Parti radical, leur a demandé de mieux faire entendre les valeurs républicaines, laïques et de justice sociale à l'Assemblée. «La disparition provisoire de François Bayrou pose un problème politique à l'UMP», estime le ministre d'État qui se demande comment reconstituer la sensibilité centriste au sens large, en réunissant radicaux, chrétiens et gaullistes sociaux, écologistes modérés voire progressistes d'Éric Besson.
  
Borloo estime que «face à une gauche plurielle, la question d'une droite monolithique (regroupée dans la seule UMP) se pose». Le ministre de l'Écologie se demande si une nouvelle formation de droite, plus ancrée au centre, plus ouverte aux valeurs écologiques, ne devrait pas être créée. «Je suis par nature solidaire et loyal. Mais c'est une question de fond, que je n'ai pas tranchée. Et le Parti radical peut être un acteur majeur dans cette recomposition», poursuit-il.
  
«Plus de justice sociale»
  
La question a été évoquée mardi dernier lors du comité exécutif du Parti radical, sans aboutir à aucune conclusion. Elle sera aussi abordée lors de son université d'été, et surtout lors du congrès annuel des radicaux, à l'automne.
  
L'ancien ministre Yves Jégo a été chargé par Jean-Louis Borloo de remettre au goût du jour le Manifeste radical rédigé en 1970 par Jean-Jacques Servan-Schreiber. Il va animer six réunions, dont la première à Marseille le 29 avril, pour consulter les militants, résume Jégo.
  
«Faut-il rester dans l'UMP? En tout cas, il faut nous organiser davantage pour mieux faire entendre le message de l'éthique, de la justice et de l'égalité de traitement», affirme l'ancien ministre François Loos (Bas-Rhin). «Il faut plus de diversité dans la majorité. Les radicaux ne veulent pas de réformes purement comptables. Ils veulent plus de justice sociale», estime l'ancien ministre Laurent Hénart. «Notre rôle est de faire admettre à nos amis de l'UMP que nous avons tout intérêt à faire entendre notre spécificité sur la laïcité, la liberté individuelle et la responsabilité», fait aussi valoir Robert Lecou (Hérault).
  
L'animateur du cercle des parlementaires radicaux, Franck Reynier, député maire de Montélimar (Drôme), explique que les élus radicaux veulent être «une force d'appoint à l'UMP, avec les valeurs du centre». Grands défenseurs de la laïcité, les radicaux souhaitent l'interdiction du voile intégral dans l'espace public. Au nom de la justice sociale, ils avaient réclamé une taxation additionnelle des établissements bancaires qui ont bénéficié du soutien de l'État, lors de la crise de l'automne 2008. Et ils demandent à être associés à la réforme des retraites pour plus de «justice sociale».
 
Source : Le Figaro – Sophie Huet – Le 5 avril 2010