Carte Scolaire en Seine-Saint-Denis : Dérogation pour plus d’un millier d’élèves

de | 2008-09-01

Demain, plus de 1 100 collégiens et lycéens ne feront pas leur rentrée dans leur établissement de secteur. L’assouplissement de la carte scolaire, décidé en juin 2007 par le ministre de l’Education, Xavier Darcos, a boosté les demandes de dérogations en Seine-Saint-Denis. Ainsi dans les collèges, elles ont été cette année 40 % plus nombreuses que l’an passé avec deux mille demandes.
Côté lycées, le chiffre atteint 1 128.

Plus aucune place au lycée des Lilas

Si les sollicitations explosent, les dérogations obtenues sont loin de suivre la même courbe. En collège, 860 enfants vont pouvoir aller étudier ailleurs, c’est 10 % de plus que l’an passé. Au lycée en revanche, les dérogations accordées plafonnent à trois cents. Parmi les établissements les plus demandés, les collèges Marie-Curie aux Lilas, Corot au Raincy ou Jaurès à Montreuil affichent complet.
C’est le cas aussi des lycées Schweitzer au Raincy, Jaurès à Montreuil ou encore Paul-Robert au Lilas, dont la proviseur, Cécile Lebreton, remarque : « Cette année, nous n’avons pu accepter aucune dérogation car nous n’avons plus de places. Nos sept classes de seconde sont à 35 élèves ! Nous avons même peiné à accueillir des élèves du Pré-Saint-Gervais, pourtant tout proche », constate la chef d’établissement. « Beaucoup sont séduits par l’environnement agréable et privilégié du lycée, mais nous ne sommes pas un grand lycée », explique-t-elle.

Si aux Lilas on ne peut pas pousser les murs, dans d’autres établissements les salles de classes vont paraître bien vides. C’est le cas des collèges Ambition réussite, des établissements prioritaires situées dans des zones défavorisées et parfois même au coeur des cités.

Ainsi au collège Lenain-de-Tillemont à Montreuil, la rentrée en 6 e se fera avec 16 élèves par classe. « Les familles ont demandé des dérogations pour aller à Politzer, à Jaurès, à Jean-Moulin à Montreuil ou même à Rosny-sous-Bois », observe Martine Gardini, la principale. L’établissement, situé dans le quartier Bel-Air-Grands-Pêchers, est victime d’une « mauvaise réputation ». Seule compensation, le nombre d’enseignants n’a pas vraiment diminué. Du coup, le taux d’encadrement très élevé permettra un suivi personnalisé des enfants.
   
Source : Le Parisien – Marjorie Corcier – Le 1er septembre 2008