Borloo voit ses chances s’éloigner pour Matignon

de | 2010-11-11

Borloo voit ses chances s'éloigner pour Matignon - image  on http://www.billelouadah.fr Jean-Louis Borloo à l'Assemblée nationale.
Crédits photo : JOEL SAGET/AFP
Le numéro deux du gouvernement aurait confié à des parlementaires radicaux que le président lui avait «fait comprendre» qu'il ne le nommerait pas premier ministre.
Borloo dément ces propos rapportés.

Borloo voit ses chances s'éloigner pour Matignon - image coeur- on http://www.billelouadah.fr
   
Le sort de Jean-Louis Borloo est-il déjà scellé ? Le numéro deux du gouvernement aurait confié mardi à des parlementaires radicaux que le président «Nicolas Sarkozy (lui) a(vait) fait comprendre» qu'il ne le nommerait pas à Matignon et qu'il reconduirait l'actuel premier ministre, François Fillon. Jean-Louis Borloo a démenti ces propos mercredi à la mi-journée, en assurant n'avoir «pas la moindre information» sur les intentions de Nicolas Sarkozy concernant le remaniement. «J'ai l'impression d'avoir assisté à une autre réunion», a-t-il affirmé, ajoutant qu'on lui a prêté des propos «qu'aucun d'entre nous n'a tenus ni entendus».
 
Le démenti de Jean-Louis Borloo 

Pourtant, selon deux sources parlementaires anonymes, le président du Parti radical était apparu «déçu, découragé, abattu» lors de la réunion hebdomadaire des parlementaires radicaux mardi midi à l'Assemblée nationale. «J'ai eu Nicolas Sarkozy deux heures au téléphone depuis dimanche. Il m'a fait comprendre que ce ne serait pas moi (pour Matignon, ndlr) mais jusqu'au bout, je veux y croire. Jusqu'au bout, je veux faire monter l'union des centres», avait expliqué le ministre de l'Ecologie selon ces témoins.

Des propos également démentis par des centristes mercredi. La version de Marc-Philippe Daubresse, le secrétaire général adjoint de l'UMP, de Valérie Létard, la vice- présidente du Nouveau Centre, et de Laurent Hénart, le secrétaire général du Parti Radical, est en effet tout autre. De quoi ajouter à la confusion ambiante. Tous trois affirment que lors de «cette réunion détendue et constructive», Jean-Louis Borloo a précisé que «le président de la République n'avait encore fait aucun choix concernant le nom du futur premier ministre». Ils ajoutent même que l'actuel numéro deux du gouvernement est apparu «calme, serein et détendu».
 
Jean-Louis Borloo : "Ils vont voir ce qu'ils vont voir"
 
Après cet épisode, Jean-Louis Borloo avait réuni mardi soir à son ministère un certain nombre de ses proches, centristes et radicaux, dont notamment les ministres Marc-Philippe Daubresse et Valérie Létard et les députés Yves Jégo, Laurent Hénart, Pierre Méhaignerie, Marc Laffineur et Christian Kert. «Il faut de l'élégance face à la situation», avait alors déclaré le ministre, selon des propos rapportés par des témoins. Et Borloo de programmer une nouvelle réunion avec ses proches pour lundi soir, «après le remaniement». «A partir de lundi, ils vont voir ce qu'ils vont voir», avait-il prévenu.

La réaction de Laurent Hénart   

Plusieurs questions avaient par ailleurs été abordées au cours de la soirée : faut-il créer une plate-forme centriste ? Faut-il une candidature centriste en 2012, incarnée par Jean-Louis Borloo ? Faut-il créer un groupe parlementaire à l'Assemblée avec les pro-Borloo ? Et bien sûr question essentielle : si Borloo n'est pas premier ministre, est-ce qu'il reste au gouvernement ? «Le sentiment qu'il a laissé percevoir, c'est plutôt que non, mais que par contre il demandera qu'il y ait des ministres radicaux. Il a notamment cité le nom de Jean Leonetti», le vice-président du groupe UMP à l'Assemblée et proche de Jean-François Copé, selon un témoin.

«Vous avez aimé l'hyper-président ? Vous allez adorer l'hyper-premier ministre», avait lancé de son côté un participant pour détendre l'atmosphère. Avant d'ajouter: «On a toujours cru qu'on avait un premier ministre Snoopy, finalement on a un premier ministre pitbull». Jean-Louis Borloo s'est en effet plaint de la campagne de dénigrement dont il aurait été victime, selon lui, de Matignon, évoquant «les notes quotidiennes envoyées à l'Elysée pour expliquer pourquoi il ne fallait pas le nommer premier ministre». Favori dans la course à Matignon jusqu'à la semaine dernière, Jean-Louis Borloo n'a pas apprécié la sortie du bois de François Fillon. Par deux fois, l'actuel chef du gouvernement, qui semblait il y encore peu prêt à quitter son poste, a réaffirmé son désir de poursuivre son action à Matignon, en l'inscrivant dans la durée.
 
Christine Lagarde : "J'espère que Jean-Louis Borloo n'est pas furieux"
 
Présent lors de la réunion mardi soir, l'ancien eurodéputé centriste Jean-Louis Bourlanges a assuré mercredi que le ministre de l'Ecologie avait «pris acte» que sa nomination à Matignon était aujourd'hui «beaucoup moins probable qu'elle ne l'était il y a une dizaine de jours». Accréditant ainsi la thèse selon laquelle Jean-Louis Borloo ne serait pas nommé à Matignon.

Autre déclaration validant le maintien de François Fillon : celle de la ministre de l'Economie, Christine Lagarde. «J'espère que Jean-Louis Borloo n'est pas furieux, ne sera pas furieux, ce n'est pas son naturel», a affirmé la ministre sur Radio Classique. Avant de préciser : «C'est un homme de grand talent, qui a une grande capacité à rebondir, à repartir, à imaginer. J'espère qu'on pourra continuer à travailler ensemble».

Mais Jean-Louis Borloo n'a pas dit son dernier mot. Le ministre pourrait publier une tribune dans un média à la fin de la semaine, a annoncé le Journal du dimanche sur son site internet. Un ultime moyen peut-être de convaincre Nicolas Sarkozy de le choisir pour Matignon. Car s'il y croit encore, les dés sont entre les mains de Nicolas Sarkozy. Réponse en début de semaine prochaine.
 
Source : Le Figaro – Marion Brunet – Le 10 novembre 2010

Une réflexion au sujet de « Borloo voit ses chances s’éloigner pour Matignon »

  1. Y.Sylvain

    Le recentrage est indispensable. La partie ‘modérée’ des électeurs de droite fera la différence entre une présence au deuxième tour ou une victoire de la gauche…face au front national.
    La place de François Fillon est à l’ump, pour tenter de redonner une envergure plus nationale et moins partisane à ce mouvement.
    Je dis bien ‘tenter’ car hélas, l’ump est devenu un club ‘Hauts de Seine-PACA’ noyauté par des professionnels de la com-politique peu représentatifs de la nation.

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