Borloo veut voir plus loin que l’élection présidentielle

de | 2011-06-28

Le président du Parti radical ne veut toujours pas dire s'il sera lui-même candidat. «Je m'y prépare sereinement», a-t-il assuré, lundi, au «Talk Orange-Le Figaro».

Dimanche, lors du «pique-nique festif » organisé à Épinay-sur-Seine pour le lancement de la toute nouvelle Alliance républicaine, écologiste et solidaire (ARES) qui réunit le Parti radical, le Nouveau Centre, la Convention démocrate et la Gauche moderne, les supporteurs de Jean-Louis Borloo lui ont demandé de prendre d'assaut l'Élysée. Mais le président du Parti radical se veut plus patient et préfère attendre «entre l'été et l'automne» pour dire s'il est candidat à l'élection présidentielle de 2012. «J'ai un calendrier, je le respecte. Je m'y prépare, sereinement», a-t-il confirmé lundi au «Talk Orange-Le Figaro».

Ayant quitté le gouvernement «volontairement» en novembre dernier, Jean-Louis Borloo regrette que la «promesse très large» que constituait l'UMP à sa naissance en 2002 se soit «rétrécie». «Il y a un certain nombre de gens dans l'UMP, des électeurs aussi, qui considèrent qu'ils ne s'y retrouvent pas complètement», assure-t-il . Car si l'UMP est née de la nécessité de rassembler, le député du Nord n'y retrouve plus les trois piliers: «les sociaux-démocrates, les démocrates chrétiens, les radicaux». «Aujourd'hui, c'est RPR à tous les étages!» dénonce l'ancien ministre de l'Écologie. De ce sentiment d'exclusion émerge l'ARES: «Je crois qu'il faut une vision plus sociale, plus écologiste, qui sorte un peu des débats permanents sur l'identité et puis qui bâtisse, qui construise la France de demain.»

Huit mois après avoir quitté le gouvernement, Jean-Louis Borloo assure que son ambition pour un centre unifié ne s'arrête pas à l'élection présidentielle. Il voit plus loin. Et précise que «cette alliance n'est pas une alliance de circonstance. C'est une vraie formation politique de transformation de la société française pour les années qui viennent». Il faudra donc, selon lui, compter sur l'ARES pour présenter «des candidats aux municipales, aux législatives» et bien sûr «à la présidentielle…». La scission avec l'UMP paraît donc consommée. Crainte par le parti présidentiel, cette séparation risque selon son secrétaire général de disperser les votes. «C'est inquiétant par rapport à une chose, c'est que s'il y a trop de candidatures à droite et au centre droit, le risque c'est tout simplement de vivre un 21 avril à l'envers», a regretté lundi Jean-François Copé sur France Inter.

«Ce n'est pas un gâteau qu'on se partage» 

Jean-Louis Borloo balaye cette peur du Front national et rejette en bloc la menace agitée par Copé. S'il déplore un «score magnifique» du Front national aux cantonales, le président du Parti radical rappelle que l'ARES, qui n'existait pas encore, n'a pas présenté de candidat à ces élections. Le succès de la «vague bleu Marine» n'est donc pas à mettre sur le dos des centristes, selon l'ancien ministre. «Les Français ont le sentiment que les élus de proximité, les élus de terrain ne sont pas les élus de l'élite. Je pense que le vote des extrêmes, notamment du Front national, c'est ce sentiment-là», explique-t-il.

Le patron du Parti radical en est convaincu: «La politique, ce n'est pas un gâteau qu'on se partage. Pour l'instant, dire aux Français “vous n'avez pas de choix!'', dire à ce centre moderne, écologiste, positif, de proximité “Taisez-vous parce qu'il y a un risque, surtout ne participez pas''», c'est selon lui une manière de faire prospérer le Front national.

Source : Le Figaro – Lancelot Delahaye – Le 27 juin 2011