Borloo prêt à occuper tout le centre

de | 2012-09-18

Borloo prêt à occuper tout le centre - image MATTHIEU-DE-MARTIGNAC on http://www.billelouadah.frLa galaxie centriste attend un « heureux événement » : un nouveau parti, qui, sous la houlette de Jean-Louis Borloo, est censé enfin mettre tout le monde d’accord. Après avoir pris soin d’éviter une guerre de succession en annonçant qu’il serait candidat à sa propre succession en novembre à la tête du Parti radical, Borloo donnera aujourd’hui des précisions sur son futur parti devant les journées parlementaires centristes, à Paris.

Et pour le baptême, il a déjà fait réserver la salle de la Mutualité le 21 octobre.

La tâche s’annonce pourtant compliquée. Jusque-là, bien des tentatives ont échoué avec des centristes que François  s’amuse à comparer à une « brouette de grenouilles » sautant dans tous les sens. Mais Borloo veut y croire. En juin, l’ex-ministre est parvenu à prendre la présidence d’un groupe de 24 députés, l’UDI (Union des démocrates indépendants). Puis il a ouvert des pourparlers avec les sénateurs du groupe centriste afin de les arrimer sous la même bannière rapidement.

Aux manettes de la future organisation, il a recruté Eric Azières, l’expert électoral du MoDem et l’un des plus anciens compagnons de route de François Bayrou… Quelques membres de l’aile droite du MoDem tels le sénateur d’Arras Jean-Marie Vanlerenberghe pourraient aussi le rejoindre. Borloo songe à expérimenter à son tour un « shadow cabinet ».

Une méthode « carrée » pour reconstruire l’ex-UDF

Ce contre-gouvernement virtuel aura l’avantage de « caser » les nombreuses figures centristes en mal de visibilité : Jean-Christophe Lagarde, Yves Jégo, Laurent Hénart, Rama Yade, Hervé Morin, Jean Arthuis… Pour le reste, pas question « d’aller à la pêche aux individus », a tranché Borloo. Son parti ayant vocation à faire « une coalition de principe avec l’UMP », il en exclut de fait François Bayrou « qui s’est placé dans la majorité présidentielle » en appelant à voter Hollande au second tour de la présidentielle…

Pour reconstruire l’ex-UDF, Borloo a fixé une méthode très « carrée » : « J’ai fait la maquette d’un projet politique cohérent. Viendra qui voudra. Je ne ferai aucune contorsion devant quiconque. » La double appartenance sera permise et la règle sera celle d’un homme, une voix. Chaque composante sera à égalité. L’enjeu est important puisque le nouveau parti décidera des investitures aux municipales en 2014 et aux européennes.

Pour Borloo, la force de frappe de la famille centriste existe toujours : « Elle pèse une centaine d’élus et 20% de l’opinion publique, dit-il. Je ne me lance pas dans une opération d’équilibriste. Si nous obtenons la masse critique d’adhérents, ce parti décollera pour dix ans! »

Source : Le Parisien – Martine Chevalet – Le 18 septembre 2012