Borloo (Parti Radical) en pente douce vers 2012

de | 2011-05-17

Borloo (Parti Radical) en pente douce vers 2012 - image  on http://www.billelouadah.fr Des cadres centristes constatent que l'absence de DSK dans la campagne présidentielle élargirait encore leur espace.
 
Pas à pas, Jean-Louis Borloo avance vers une candidature à la présidentielle. Hier, les centristes clamaient son nom. « Borloo président », scandaient les radicaux réunis en congrès. « Nous sommes derrière toi », assuraient les alliés Hervé de Charette et Jean-Marie Bockel. Seul Hervé Morin, qui semble n'avoir pas encore ravalé ses ambitions présidentielles, n'a pas poussé le Valenciennois vers la ligne de départ.

Borloo (Parti Radical) en pente douce vers 2012 - image  on http://www.billelouadah.fr

Le principal intéressé, lui, dit « réfléchir » et ne se découvre pas. Le député nordiste n'a livré hier aucun programme, mais une vision pour la France. Une façon de dire qu'il n'est pas candidat, mais qu'il y est prêt. La crainte d'un 21-Avril pourrait encore le faire hésiter. Ses amis se sont relayés à la tribune ce week-end pour écarter ce spectre.

Depuis novembre et la sortie de Borloo du gouvernement, le Parti radical, de déclarations en promesses, ne cesse de séparer son destin de celui de l'UMP.

Samedi, la formation valoisienne a prononcé le divorce. Un nouveau groupe parlementaire est annoncé, regroupant notamment les députés du Nouveau Centre et les radicaux. À l'automne, a assuré Hervé Morin. Sûrement avant, corrige Jean-Christophe Lagarde, avec le sourire de celui qui prépare une surprise. La rupture avec l'UMP est consommée. Les gages d'indépendance, tant réclamés par les centristes du dehors, ont été donnés. Mais quelques assurances ont été concédées aux députés, élus sous investiture UMP en 2007. Ils pourront ainsi conserver leur double casquette.

Si bien que le pas vers la sortie du parti majoritaire s'est fortement réduit. Les amarres ne sont pas lâchées, elles glissent lentement. Il arrivera un jour – à moins qu'il ne soit déjà arrivé – où le navire sera si loin du quai qu'un retour deviendra impossible. Pas besoin de réfléchir davantage : la candidature Borloo a été tant sous-entendue et a tellement guidé la marche du Parti radical vers l'indépendance, qu'elle est devenue inéluctable. La crédibilité de l'homme politique y est désormais engagée.

Les mésaventures de Dominique Strauss-Kahn ne font que renforcer l'appel du large. Officiellement, personne ne se réjouit du coup de tonnerre. Mais des cadres centristes constatent que l'absence de DSK dans la campagne présidentielle élargirait encore leur espace.

Toutefois, les petits pas d'émancipation amèneront Borloo sur le terrain de François Bayrou. Les deux hommes, dont l'un revendique son bilan gouvernemental de droite et l'autre se veut au-dessus des clivages, se marcheront sur les pieds. Un sondage de l'IFOP dans le JDD, hier, prêtait à chacun autour de 6 % des intentions de vote. Le grand large dont rêvent les alliés de l'UMP reste à conquérir. Plus l'émancipation de la droite prend du temps, plus cette conquête devra être rapide.

Source : La Voix du Nord – Mathieu Verrier – Le 16 mai 2011