Borloo, la dernière ligne droite vers Matignon

de | 2010-10-21

Borloo, la dernière ligne droite vers Matignon - image  on http://www.billelouadah.fr Jean-Louis Borloo, à la sortie d'un Conseil des ministres, au palais de l'Élysée, en septembre dernier. Crédits photo : J-C Marmara/Le Figaro

Le numéro deux du gouvernement est favori pour succéder à François Fillon. Mais, à l'UMP, certains critiquent sa communication dans la crise. 

Ce sera Jean-Louis Borloo… ou François Fillon. La rumeur l'affirme, et Claude Guéant ne la dément pas. «Plusieurs noms sont cités pour Matignon et le président n'a pas fait son choix, explique aujourd'hui dans Valeurs actuelles le secrétaire général de l'Élysée. Quant aux deux personnalités qui sont le plus souvent évoquées, je dirais que le président de la République a l'habitude de travailler avec François Fillon, qui est fidèle, populaire et a une très bonne relation avec le Parlement. Quant à Jean-Louis Borloo, il ne faut pas oublier que, comme François Fillon, il a été ministre du Travail et de la Cohésion sociale. Il a pour lui deux qualités: c'est un orfèvre en matière sociale, et il a l'oreille des syndicats.»

Tout est dit, ou presque. Pourtant, Jean-Louis Borloo n'est pas apparu à son avantage depuis que la pénurie de carburant sévit. «Pénurie», le mot qui fâche. Les ministres, François Fillon en tête, qui ont affirmé en boucle le week-end dernier qu'il n'y avait «pas de pénurie», assurent s'être exprimés sur la foi «des éléments de langage de l'Élysée, construits sur la base des informations fournies par le ministère de l'Écologie». L'un d'entre eux précise: «Borloo s'est juste trompé d'un zéro. Il a parlé de 300 stations en rupture de stock au lieu de 3.000!»

Lundi, l'Élysée a demandé des comptes au ministre de l'Environnement. Le même jour, le ton a monté entre Fillon et Borloo, via leurs conseillers respectifs, lors de la réunion hebdomadaire des «communicants» du gouvernement. «Comment pouvez-vous nous dire qu'il n'y a pas de problèmes d'essence alors que vous êtes incapable de nous fournir des chiffres?», a lancé la conseillère com de Matignon à son homologue de l'Écologie. Le lendemain, la colère présidentielle n'est pas retombée, au contraire. «Nicolas Sarkozy a eu le sentiment qu'on ne lui avait pas donné les bonnes informations», raconte un ministre. Le soir, à l'Élysée, et en présence de Borloo, Fillon a évoqué «une communication inadaptée». Mercredi encore, il a «esquissé un recadrage de Borloo au Conseil des ministres», selon un participant. Le ministre de l'Écologie a cru pouvoir détourner le tir en mettant en cause l'efficacité du déblocage du dépôt de Donges, en Loire-Atlantique. Mal lui en a pris: le chef de l'État a profité du Conseil pour féliciter le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, de sa gestion de la crise.

                                                   «Un choix de cohérence» 

La cote dont bénéficie Borloo dans la course à Matignon explique sans doute que ses collègues se soient précipités pour raconter ses mésaventures par le menu. «Borloo a complètement oublié qu'il était ministre de l'Énergie, grince un membre du gouvernement. Ces temps-ci, ce n'est pas un sujet consensuel et porteur.»

La capacité du très populaire numéro deux du gouvernement à disparaître des écrans radar quand l'orage médiatique menace est fréquemment évoquée par ses adversaires. «En septembre 2009, il a fallu faire des pieds et des mains pour le convaincre de venir défendre la taxe carbone devant l'université d'été de l'UMP», se rappelle un dirigeant du parti présidentiel. Un ministre cite l'exemple, plus récent, de la «remarquable discrétion» de son collègue de l'Environnement aux débuts de l'affaire de la tempête Xynthia.

«Si je suis silencieux, c'est parce que je travaille», a coutume de répondre l'intéressé à ses détracteurs. Conscient que la séduction qu'il exerce sur l'électorat centriste est son principal atout pour Matignon, Jean-Louis Borloo cultive ses réseaux. Mardi soir, il a réuni un deuxième dîner de travail avec les centristes de la majorité. Ses proches vantent sa capacité à «mettre en musique le discours de Toulon, pendant que Hortefeux continuera d'agiter la matraque». «Borloo à Matignon, ce serait un choix de cohérence», traduit un ministre. À Toulon, en septembre 2008, Nicolas Sarkozy avait promis aux Français de les «protéger» contre une crise économique qu'il prévoyait profonde et durable.

Source :  Le Figaro – Anne Rovan et Judith Waintraub – Le 21 octobre 2010

Une réflexion au sujet de « Borloo, la dernière ligne droite vers Matignon »

  1. Marc Aderini

    Le parti radical, c’est la droite verte et moderne, le libéralisme social, la majorité de demain. Ce n’est pas en se méfiant des autres qu’on instaure un climat de sécurité, mais en collaborant avec eux.

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