Blague de Hollande sur l’Algérie : Succession de réactions d’indignations

de | 2013-12-22

Blague de Hollande sur l'Algérie : Succession de réactions d'indignations - image 3431827_000-par7733562 on http://www.billelouadah.frFrançois Hollande, ici en compagnie du Premier ministre algérien Abdelmalek Sellal à l’Elysée, avait déclaré lundi dernier que le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, était rentré d’Algérie «sain et sauf». | AFP / Thomas Samson

Le 16 décembre, le président François Hollande déclarait sur le ton de la plaisanterie devant le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), qui fêtait ses 70 ans, que le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, était rentré d’Algérie «sain et sauf». «C’est déjà beaucoup», avait-il ajouté. 

«C’était une plaisanterie légère qui pouvait viser n’importe qui dans n’importe quel pays et qui n’avait aucun sens particulier concernant l’Algérie», a assuré ce dimanche l’entourage de François Hollande, confronté à la colère de l’Algérie. «Il n’y a pas de tension particulière au niveau des autorités algériennes», a ajouté cette même source.

En France aussi, de nombreuses voix se sont indignées de la boutade du chef de l’Etat.

Le coprésident du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, a tweeté dimanche que la boutade de François Hollande lui avait donné «la nausée» : «L’ivresse communautariste du dîner a grisé #Hollande. Mais c’est nous qui avons la nausée. #CRIF#Algérie», a-t-il écrit.

Le président de l’UMP, Jean-François Copé, a qualifié dimanche, sur Twitter, de «dérapage verbal» et de formule «déplacée» la plaisanterie de François Hollande. «Je regrette le dernier dérapage verbal du Président de la République. Sur un thème aussi important que la relation de la France avec l’Algérie, l’exigence de la fonction présidentielle n’autorise pas une formule aussi déplacée», a-t-il réagi en trois tweets.

Invitée à s’exprimer sur TF1, l’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy Valérie Précresse a évoqué une sortie «particulièrement maladroite et pas digne d’un président de la République». «Je dis à François Hollande : soyez vraiment à la hauteur de votre fonction», a-t-elle ajouté.

Geoffroy Didier, secrétaire général adjoint de l’UMP, a qualifié la petite phrase de François Hollande de «cliché indigne d’un président de la République sur un pays et son peuple.» «Cette pseudo-plaisanterie est malheureusement bien plus douteuse, elle révèle surtout un amateurisme au sommet de l’Etat préoccupant pour la France sur la scène internationale. François Hollande doit sans délai présenter ses excuses au peuple algérien qui mérite bien mieux que ce manque total de respect et cette ironie fétide», a-t-il déclaré dans un communiqué.

Nadine Morano n’a quant à elle pas réagi directement mais a préféré critiquer la couverture médiatique de la polémique par la presse française, en diffusant sur son compte Twitter le message d’une conseillère municipale UMP de Nice dénonçant «deux poids, deux mesures». «Si Sarkozy en avait dit deux fois moins, il aurait été victime des foudres médiatiques», écrit-elle.

Du côté de l’UDI, Christophe Paillé a réagi sur LCI, dénonçant une «attitude affligeante» de la part du chef de l’Etat. Lui aussi souligne la nécessité de présenter «des excuses officielles» à l’Algérie.

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Même son de cloche chez son collègue Yves Jégo, lui aussi membre de l’UDI. «Cet écart de langage est pour le moins inquiétant chez le dirigeant de la 5ème puissance du monde qui ne semble pas se rendre compte combien son humour peut être blessant», a commenté le député de Seine-et-Marne sur sa page Facebook.

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Les députés Jean-François Mancel (UMP) et Wallerand de St Just (FN) ont eux aussi profité des réseaux sociaux pour critiquer l’attitude de François Hollande, respectivement qualifiée d’«insulte» et «indigne» et de «vraiment pas malin».

L’Elysée a de son côté tenu à relativiser la polémique, mettant cette petite phrase sur le compte de «l’humour» et du «second degré». «C’était une plaisanterie légère qui pouvait viser n’importe qui dans n’importe quel pays et qui n’avait aucun sens particulier concernant l’Algérie», souligne-t-on dans l’entourage de François Hollande. «Il n’y a pas de tension particulière au niveau des autorités algériennes», a ajouté cette même source.

VIDEO. Le discours de François Hollande au Crif

Source : Le Parisien – Romain Jeanticou – Le 22 décembre 2013