PSA Aulnay : « Ceux qui croyaient encore au Père Noël voient la réalité »

de | 2012-12-12
PSA Aulnay :

Billel Ouadah pour la défense du maintien de l'activité de production de l'usine PSA d'Aulnay - Samedi 18 février 2012

Il y a un peu moins d’une année, comme de nombreux aulnaysiens, je manifestais le samedi 18 février 2012 en gare RER d’Aulnay-sous-Bois pour défendre le maintien de l’activité de production de l’usine PSA Peugeot Citroën de notre ville.

Dans ce dossier, l’attitude et la gesticulation des hommes politiques de gauche comme droite (qui ont fait croire aux salariés de l’usine PSA d’Aulnay à une issue favorable possible) ont été détestables ! Cela traduit de leur part une certaine forme de cynisme face aux réalités économiques que je dénonçais déjà en juillet dernier…

Aussi, vous trouverez ci-dessous un article de Louis Morice publié dans le Nouvel Observateur ce jour qui évoque 1.500 suppressions de postes supplémentaires par PSA !!!

Triste annonce…

PSA Aulnay :

Le site PSA d'Aulnay-sous-Bois arrêtera sa production d'ici à 2014. © ERIC PIERMONT - AFP Photo

Au lieu d’intégrer les 1.500 départs enregistrés depuis le mois de juillet à son plan de 8.000 suppressions de postes, PSA en ajoute 1.500 supplémentaires.

La grogne montait sur les chaînes de PSA d’Aulnay-sous-Bois dans la matinée de mercredi 12 décembre. L’usine tourne au ralenti et l’annonce de 1.500 suppressions de postes supplémentaires faite lors du comité central d’entreprise de la veille n’a fait qu’ajouter à la colère des ouvriers. « Pour ceux qui croyaient encore au Père Noël, la direction leur a mis la réalité devant les yeux », lance Salvatore Pappatico, militant CGT.

La rumeur d’une possible entrée au capital de l’Algérie circule parmi les ouvriers. Beaucoup se montrent sceptiques. Ils se souviennent de la cacophonie autour d’une fusion entre GM et PSA : « On nous a dit que ça avait capoté mais en fait, il n’y avait jamais eu de véritable discussion », affirme l’un d’eux.

Une restructuration nécessaire

Commandé par le comité central d’entreprise, le rapport du cabinet d’expertise Secafi présenté mardi valide la nécessité d’une restructuration dans le groupe. L’ampleur du nombre de suppressions postes prévues par la direction, 11.214 au total, ne passe pourtant pas. Les ouvriers se sentent trahis : Arnaud Montebourg avait demandé une révision du plan à la baisse, le groupe y ajoute de nouveaux départs. Une véritable provocation pour les syndicats.

Les syndicats réclament donc un retrait de ce nouveau plan. Un désaccord majeur voit le jour sur la date de prise en compte des 8.000 suppressions de postes annoncées au mois de juillet dernier. « Le chiffre a été arrêté à ce moment là. Tous les départs qui ont eu lieu depuis, environ 1.500 personnes, doivent être intégrés. Et, au lieu de les déduire, la direction en ajoute 1.500 supplémentaires. C’est inadmissible », tempête Philippe Julien, secrétaire de la CGT à Aulnay.

Pas besoin de fermeture d’usine

Si le rapport Secafi reconnait la nécessité d’une restructuration, il comporte aussi des éléments démontrant que les productions peuvent être réparties sans fermeture d’usine avec un taux de remplissage correct. « Philippe Varin (le PDG de PSA, ndlr) le sait mais il explique que, dans l’immédiat, il est plus rentable de germer l’usine d’Aulnay », estime Philippe Julien. Pour les syndicats, cette vision représente une aberration puisque, selon eux, lors d’un redémarrage de l’activité automobile, les autres usines seront saturées.

A Aulnay, entre 300 et 400 ouvriers ont donc décidé d’aller manifester devant l’usine de Poissy où ils comptaient bloquer la circulation. Ils doivent aussi remettre une pétition signée par 12.000 salariés demandant un maintien de tous les CDI et la préretraite à 55 ans pour privilégier le départ de salariés usés par la chaîne plutôt que de voir partir des jeunes.

Source : Le Nouvel Observateur –  – Le 12 décembre 2012