Aulnay-sous-Bois : Licenciements en série à la Maison de l’emploi (M2E)

de | 2010-01-12

Cet été, elle tournait à plein régime, accueillant les flots de jeunes et moins jeunes Aulnaysiens à la recherche d’un emploi, d’une formation ou désireux de lancer leur propre entreprise. La crise a donné du grain à moudre à la Maison de l’entreprise et de l’emploi (M2E). La structure, installée depuis plus de huit ans dans les quartiers nord d’Aulnay, a accueilli 10 % de visiteurs en plus en 2009.

Mais si l’activité s’est accrue, les effectifs, eux, ont nettement diminué : 17 licenciements « pour motif économique » en l’espace de neuf mois, « sur un effectif total d’environ 70 personnes », précise la direction de la M2E. Dans le même temps, la structure a changé de forme et de nom : elle devient en 2010 la Meife (Maison de l’emploi, de l’insertion, de la formation et de l’entreprise), et perd le développement économique, qui revient dans le giron des services municipaux.

« C’était ça ou on fermait la porte »

« Depuis l’audit commandé par la municipalité, on sentait bien que l’objectif était de démanteler la Maison », confie l’un des salariés licenciés, qui tient à rester anonyme. Ce dernier évoque le « climat d’incertitude », qui règne selon lui au sein de la M2E. « Tout le monde s’inquiète des conditions de travail, explique-t-il. Et il y a une telle omerta ! Tout s’est fait en aparté, en recommandant aux intéressés de ne parler à personne. Une fois les choses faites, on recevait un e-mail annonçant le départ d’untel… .» Ce que conteste la directrice administrative et financière, Anne-Marie Cabanier, également chargée des ressources humaines : « Il y a eu concertation avec les délégués du personnel, et nous avons agi dans la légalité, avec humanité. Nous avons parfois proposé des reclassements en interne, mais aussi fait appel à un cabinet extérieur. » Les cadres et conseillers invités à partir se sont vu proposer un accord transactionnel, par lequel ils acceptaient de renoncer à toute poursuite devant les prud’hommes.
  
Selon le maire socialiste, Gérard Ségura, président de la M2E, cette cure d’amaigrissement était vitale : « C’était ça ou on fermait la porte ! On était au bord du dépôt de bilan ! » explique l’élu qui, dès le début de son mandat, avait durement critiqué la gestion de la structure associative sous l’ancienne équipe de droite. Gérard Ségura avait même déposé plainte et saisi la chambre régionale des comptes en 2008. « Les fonds servaient surtout à faire fonctionner la boutique sur un grand pied », assure-t-il, en affirmant que la Meife fournira un « bien meilleur service » aux Aulnaysiens.
Dans les rangs de droite, on proteste contre la disparition de ce qui fut objet de fierté pour l’ancienne équipe municipale. « Une erreur, un non-sens, une aberration », estime Jacques Chaussat, ancien président de la M2E. Cette dernière, montrée en exemple à ses débuts, avait reçu de nombreux ministres, et avait été la toute première à recevoir le label Maison de l’emploi, en 2005.

Source : Le Parisien – Gwenael Bourdon – Le 12 janvier 2010