Aulnay-sous-Bois : Les Verts et le PS se déchirent autour du projet de la cité Arc-en-Ciel.

de | 2010-02-26

Aulnay-sous-Bois : Les Verts et le PS se déchirent autour du projet de la cité Arc-en-Ciel. - image  on http://www.billelouadah.fr Voici les premières images du projet de 24 logements sociaux porté par l’OPHLM pour la cité Arc-en-Ciel. Le permis de construire a été déposé en juillet 2009. Cet aménagement est contesté par les associations d’habitants et les Verts.
 
La grande famille de la gauche aulnaysienne vat- elle perdre l’une de ses branches ? Alain Amédro (Verts) le dit clairement : «On est dans une impasse. »
 
Depuis des mois, les désaccords semblent s’être creusés entre les Verts et le maire PS, Gérard Ségura autour des questions d’urbanisme. Une délégation confiée depuis le début du mandat à Alain Amédro.
  
Là où le socialiste Gérard Ségura préfère parler de « différences qui doivent s’exprimer au sein d’une majorité », l’élu vert se dit «mis à l’écart » et même « placardisé » : « Les dossiers sortent du bureau du maire, et me passent au-dessus de la tête. Je les découvre après-coup.
 
Dans le budget 2010, des projets ont été repoussés parce qu’ils étaient portés par des élus Verts. Le maire penset-il pouvoir s’amputer d’une partie de sa majorité ? »
 
Ce dernier « récuse complètement » l’accusation : « C’est vrai que je décide parfois un peu rapidement, mais nous avons des réunions très régulières, tout le monde est tenu informé », assure-t-il.

Les premières dissensions sont apparues il y a quelques mois autour de la cité Arc-en-Ciel et d’un projet de construction de 24 logements sociaux. Trop dense, jugeaient les Verts qui militent avec les associations d’habitants pour un bâtiment plus modeste. Mais Gérard Ségura est déterminé : « On ira jusqu’au bout, cela a été tranché par un vote en bureau municipal. »

L’affaire révèle, selon Alain Amédro, un « problème de méthode » : « Sur d’autres dossiers, concernant le quartier Balagny ou la rue Coullemont, le maire reste fermé aux demandes de la population. Cela provoque une fronde dans la ville ».

Dans certains quartiers, des associations se sont effectivement constituées pour s’exprimer sur les questions d’urbanisme. Alain Amédro vient d’ailleurs d’apporter son soutien à un projet qu’il juge « exemplaire », élaboré par un collectif d’habitants de la rue des Saules – « un groupe de travail rassemblant jusqu’à 60 personnes ».

Ceux-ci proposent de construire 10 pavillons écolos sur une parcelle de 4 000 m2 sur laquelle la mairie avait des vues. Le dossier est sur le bureau du maire. On étudiera tout ça, promet Gérard Ségura, qui évoque cependant un autre projet, entre les mains de l’OPHLM et de l’Association Toulouse- Lautrec : une résidence pour personnes âgées handicapées à cet endroit. Il n’en existe pas dans le département, alors qu’on ne me dise pas que ce n’est pas utile ! »

Minimisant la profondeur du désaccord, Gérard Ségura y voit le fruit de « contingences électorales ». Mais Alain Amédro, effectivement candidat sur la liste Europe Ecologie, repousse l’argument : « Nous souhaitions attendre après les élections avant d’aborder ces problèmes, mais notre groupe est tellement maltraité que ce n’est plus possible. Nous en appelons à un sursaut du maire. »
 
Source : Le Parisien – Gwénael Bourdon – Le 26 février 2010