Aulnay-sous-Bois : « De l’amiante enfoui sous l’usine poison »

de | 2010-04-13

La démolition de l’ancienne usine d’amiante a été interrompue après la découverte du minerai toxique dans le sol. Une mauvaise surprise qui va entraîner un surcoût.
  
C’est une mauvaise nouvelle. Mardi dernier, sur le chantier de démolition de l’ancienne usine d’amiante du CMMP (Comptoir des minéraux et matières premières), les ouvriers ont découvert de l’amiante bleu à 90 cm de profondeur dans le sol. Le minerai, particulièrement toxique, gisait sous le bâtiment B, qui a servi durant des années à abriter les broyeurs d’amiante.
  
« On venait de finir de démolir le bâtiment. On avait déjà fait 44 sondages au sol, mais à 30 cm de profondeur seulement, explique Jean-Pierre Beckmann, maître d’œuvre du chantier. L’amiante bleu était plus bas. Il y a sans doute été entraîné par les fondations installées lorsque le CMMP a transformé le bâtiment en lieu de stockage en y ajoutant une mezzanine, dans les années 1970. »
  
Mardi après-midi, le chantier a été provisoirement interrompu. Les représentants de l’inspection du travail et de la Caisse régionale d’assurance maladie se sont déplacés. La déconstruction du site est en effet très surveillée, en raison des risques liés à l’amiante. Finalement, une décision a été prise : une nouvelle « bulle » étanche va être installée, pour permettre le traitement du sol. Il n’y a aucun risque pour le voisinage, affirme Jean-Pierre Beckmann, qui rappelle que des analyses de l’air sont pratiquées en permanence autour du site.
  
L’incident a en tout cas donné raison au collectif des associations de riverains et victimes. Dès 2001, il alertait la préfecture sur une probable pollution du sous-sol, se fondant sur le témoignage d’un ancien salarié. Gérard Voide, président du collectif, met en cause la bonne foi du CMMP : « C’est un vice caché. Le CMMP avait quitté le site en affirmant l’avoir dépoussiéré, en y laissant l’équivalent d’à peine un seau d’amiante. En fait, ils ont caché la poussière sous le tapis! »
  
Mais Joëlle Briot, PDG du CMMP, se défend : « Ce n’est une surprise pour personne. L’usine a été construite dans les années 1930, tous les sols étaient en terre battue. Quand on a coulé une dalle de béton, un peu d’amiante a été piégé en dessous. La mauvaise nouvelle, c’est qu’on en a trouvé sous une bonne partie du bâtiment. » Cet épisode va en tout cas alourdir la facture, aujourd’hui essentiellement supportée par les contribuables aulnaysiens : « C’est inévitable, puisqu’il y aura plus de déchets à traiter », indique Jean-Pierre Beckmann, qui espère ne pas prendre de retard. Le chantier doit en principe s’achever fin mai.

Source : Le Parisien - Gwenael Bourdon - Le 12 avril 2010