Aulnay – Villepinte : Ils capturent les lapins du parc du Sausset

de | 2009-11-14

Aulnay - Villepinte : Ils capturent les lapins du parc du Sausset - image  on http://www.billelouadah.fr Ils sont petits, ils sont doux et mignons mais qu’est-ce qu’ils copulent ! A tel point que la direction du parc du Sausset, à Aulnay – Villepinte, en recense 2 200 cet automne, soit six fois plus que ce que le parc estime acceptable. A cela, plusieurs raisons. Tout d’abord, la très faible quantité de prédateurs. Il y a bien des renards pour en croquer quelques-uns mais c’est loin d’être suffisant.

Ensuite, le milieu est particulièrement favorable au lapin. Avec à la fois des zones boisées et de grandes étendues herbeuses, «les lapins ont le gîte et le couvert», s’amuse Vincent Gibaud, chef de service adjoint du parc. Le problème, c’est qu’en trop grand nombre ces petites boules de poil, que les scientifiques appellent lagomorphes, nuisent à leur environnement.
Ainsi, introduit il y a cent cinquante ans en Australie, le petit rongeur a fortement contribué à la désertification du pays et à la diminution des espèces endémiques. Le problème était alors tellement grave dans les années 1950 que les Australiens créent un virus « sur mesure » : la myxomatose.

Les bêtes envoyées en Ardèche ou dans le Jura

Plus près de nous, au parc du Sausset, les lapins s’attaquent en hiver aux arbres, plus particulièrement aux jeunes pousses et à certaines espèces rares, comme les orchidées. En matière de paysage aussi, le lapin est nuisible, puisqu’il grignote les nouvelles plantations que les agents du parc s’évertuent à introduire.
Alors que faire face à cette menace poilue ? L’attaque bactériologique à l’australienne, ce n’est pas vraiment dans l’esprit de la direction départementale des espaces verts, qui a préféré la méthode douce. Depuis début septembre, la société Espace Faune Flore capture une trentaine de lapins par jour avant de les envoyer, selon les recommandations des fédérations de chasse, dans les régions sous-peuplées, comme l’Ardèche, le Jura ou l’Ille-et-Vilaine. Pour cela, ils ont recours à une technique ancestrale, le panotage, qui consiste à poser des filets autour d’un certain périmètre et d’y rabattre les lapins, par exemple avec un chien. Les employés d’Espace Faune Flore s’y prennent aussi de manière beaucoup plus amusante, grâce à leur trentaine de furets. Ces petits carnivores sont envoyés dans les terriers, au fond desquels ils mordillent les mollets des lapins qui, apeurés, foncent dans les nasses placées à l’entrée des terriers. D’ici à fin mars, ils doivent capturer 1 900 lapins.

Le dimanche 6 décembre, de 14 heures à 16 h 30, le parc du Sausset propose d’expliquer gratuitement au public (à partir de 10 ans) pourquoi les lapins surpeuplent le parc et surtout de participer à une séance de capture. Inscription obligatoire. Appeler le parc au 01.48.19.28.28.
 
Source : Le Parisien – Grégory Plesse – Le 14 novembre 2009