Aulnay-Villepinte : L’hôpital Robert-Ballanger veut soigner plus de cancers du sein

de | 2008-06-11

Aulnay-Villepinte : L'hôpital Robert-Ballanger veut soigner plus de cancers du sein - image le_parisien_g_bourdon_3 on http://www.billelouadah.fr    Quinze jours maximum entre le dépistage et le traitement par opération ou chimiothérapie, c’est le nouvel objectif de l’établissement.
Soigner plus vite et davantage de patientes. C’est l’objectif affiché par l’hôpital Robert-Ballanger (Aulnay-Villepinte), qui dévoile, à l’occasion de la Semaine départementale contre les cancers, son centre des maladies du sein. Il ne s’agit pas d’un nouveau service, mais d’une nouvelle organisation.

« Du dépistage à la prise en charge par opération ou chimiothérapie, il ne doit pas s’écouler plus de quinze jours », résume Stéphane Saint-Léger, chirurgien gynécologue et responsable du pôle mère-enfant à l’hôpital. Pour tenir cet engagement, les services concernés tiennent une réunion hebdomadaire de suivi et accordent des rendez-vous prioritaires aux patientes adressées par leur médecin de ville.

"Une maladie qui tue plus en Seine-Saint-Denis qu’ailleurs"

Dans le département, c’est souvent la prévention et le dépistage qui font défaut : « Quand le problème est de pouvoir manger et se loger, on ne pense pas à se soigner », explique Chantal Goldenstein, coordinatrice de la Maison des patients. Résultat : le cancer du sein tue plus en Seine-Saint-Denis qu’ailleurs, faisant 200 victimes par an. Hamid Hocini, responsable du service d’oncologie et du centre des maladies du sein, espère bien attirer les malades des environs et concurrencer les établissements de la capitale.

« Les gens ne sont pas masochistes ! Si on leur offre des soins de qualité près de chez eux, ils n’iront pas à Paris », affirme le médecin, qui sait de quoi il parle. Hamid Hocini travaille depuis vingt ans à l’hôpital Saint-Louis dans la capitale : « Nous accueillons 800 nouveaux cas de cancers du sein par an, c’est énorme ! Mais 30 % de mes patientes viennent de Seine-Saint-Denis… » Pourtant, assure-t-il, l’hôpital Ballanger est parfaitement équipé pour accueillir les malades : « Nous avons un centre de radiologie agréé pour le dépistage, un service de maternité avec des chirurgiens opérant ce type de tumeur, un service d’oncologie et même de la chirurgie reconstructive. »

Parmi les patientes du docteur Hocini, cette dame de 77 ans habitant Aulnay et traitée par chimiothérapie pour une tumeur maligne : « Si j’avais dû me déplacer jusqu’à Paris, mon corps ne l’aurait pas supporté », affirme-t-elle. Comme beaucoup de malades, elle a d’abord ignoré la maladie pendant des mois : « Mon mari est hémiplégique, je me disais que ma santé pouvait attendre. Quand j’ai passé les examens, la tumeur était énorme. J’ai été orientée vers l’hôpital Ballanger. J’ai été prise en charge rapidement. Après les examens, les docteurs ont tout de suite entamé le traitement. »

« Aujourd’hui, nous accueillons 35 à 40 nouveaux cas par an, j’espère doubler ce nombre d’ici peu », confie Hamid Hocini. L’idée est de s’imposer comme une référence départementale et d’attirer d’autres catégories de malades que ceux qui sont en situation précaire.

Gwenael Bourdon – Le Parisien publié le 11 juin 2008