Aulnay-sous-Bois : Une centaine de sans-papiers occupent leurs entreprises

de | 2009-12-08

Aulnay-sous-Bois : Une centaine de sans-papiers occupent leurs entreprises - image  on http://www.billelouadah.fr Des sandwichs, des bouteilles d’eau, du café et des grilles de sudoku. Les sans-papiers qui occupent les locaux de trois entreprises d’Aulnay-sous-Bois ont prévu leur paquetage pour tenir « le temps qu’il faudra ». Depuis vendredi matin, plusieurs dizaines de salariés se relaient nuit et jour dans les locaux de Randstad et Triangle, deux agences d’intérim de l’avenue Anatole-France.

 

Tous veulent « faire pression sur les chefs d’entreprise pour qu’ils relaient leur demande de régularisation auprès de la préfecture et du gouvernement ».

A STN, le directeur écrit au ministre

A quelques centaines de mètres de là, de l’autre côté des voies de chemin de fer, la vingtaine de grévistes de STN une société de nettoyage restent fidèles au piquet nuit et jour depuis le 14 octobre. Pas moins d’une centaine de sans-papiers, soutenus par la CGT, ont ainsi rejoint le mouvement à Aulnay. Pour avoir davantage de poids, ils font signer une pétition à la gare. Certains passants font des dons pour soutenir les grévistes. « On demande au gouvernement de rédiger une circulaire favorable à la régularisation des travailleurs », détaille Lassana, qui travaille « depuis cinq ans pour Triangle ». « Les discussions avaient vraiment bien avancé avec le gouvernement, les associations et les syndicats, reconnaît Wofé.

 

Mais finalement, on nous a baratinés avec un texte vide qui ne correspond pas au fruit des négociations et les préfectures continuent d’agir de manière arbitraire. » Chez Triangle, le responsable de l’agence qui a passé une grande partie de la journée avec eux hier s’abrite derrière son « devoir de réserve ».

D’autres employés « comprennent les revendications de personnes qui ont travaillé pendant des années ». « Les situations devraient être étudiées au cas par cas », estime l’un d’eux. Dans certaines entreprises, les dirigeants soutiennent clairement les sans-papiers comme STN qui a missionné une de ses salariées pour les accompagner dans leurs démarches administratives. Le directeur général a même envoyé un courrier au ministre de l’Immigration et s’est engagé par écrit à réintégrer en CDI ceux qui occupent leurs locaux s’ils parviennent à obtenir des papiers en règle. Chez Triangle et Randstad, les grévistes attendent eux aussi des promesses d’embauche.

 

Source : Le Parisien – Aurélie Foulon – Le 7 décembre 2009