Aulnay-sous-Bois – Grand Paris : « Coup d’envoi au forage du supermétro »

de | 2012-03-21

Aulnay-sous-Bois - Grand Paris :
Aulnay-sous-Bois, hier. Le ministre de la Ville, Maurice Leroy (à la cravate bleue), le président de la Société du Grand Paris, André Santini (au centre), et le maire PS d’Aulnay, Gérard Ségura (à la cravate noire rayée), ont analysé avec le contenu d‘un boudin de terre calcaire

Le Grand Paris est en route en Seine-Saint-Denis. Le tout premier forage préparatoire au métro automatique a eu lieu hier à Aulnay tandis que le quatrième contrat de développement territorial du département était signé au Bourget.

« Le Grand Paris est enfin sorti des dossiers », se réjouissait, hier, André Santini. « C’est une véritable première », assénait de son côté le maire PS d’Aulnay, Gérard Ségura. L’enthousiasme était unanime à Aulnay-sous-Bois, autour d’une pourtant très peu spectaculaire carotte de terre calcaire et blanchâtre de moins d’un mètre de long, tout juste extraite du terre-plein central de la Nationale2.

Si elle a attiré autant de monde, à commencer par le ministre de la Ville, Maurice Leroy, c’est qu’il s’agissait tout de même d’un des tout premiers forages préparant le chantier du métro automatique du Grand Paris. Pour accueillir l’événement, bien des communes concernées par le tracé du futur Grand Paris Express avaient joué des coudes. C’est finalement celle d’Aulnay-sous-Bois qui a été choisie. « On commence par la Seine-Saint-Denis, un territoire emblématique », explique Etienne Guyot, président du directoire de la Société du Grand Paris.

Le symbole s’est donc matérialisé sous la forme de deux machines, installées sur une portion du terrain de 2 ha que la Société du Grand Paris va bientôt acquérir, pour y aménager l’une des gares du tronçon Est. C’est d’ailleurs de là que pourraient partir, d’ici quelques années, les deux tunneliers chargés de creuser le tronçon reliant Le Bourget à Clichy-Montfermeil. Pour l’instant, l’une des machines réalise des carottages pour analyser les sols, repérer les traces de pollution, l’autre réalise des « essais pressiométriques », pour évaluer la qualité du terrain. Ces prélèvements devraient durer deux à trois semaines. « Et ensuite, on va faire la même chose ailleurs », explique un ouvrier de l’entreprise de forage.

L’exercice sera en effet répété environ 1200 fois tout le long du tracé du futur métro automatique, à raison de sondages tous les 200 m environ. Au fil de ce chantier préparatoire, on collectera des carottages d’une longueur totale de 40000 m, stockés pour fournir des échantillons à analyser. « L’objectif, c’est de connaître précisément le terrain sous nos pieds pour préciser le profil du futur tracé », indique Denis Billon, responsable des méthodes constructives de la SGP.

La campagne de forages devrait durer toute l’année et sera sans doute suivie de prélèvements complémentaires. La phase d’enquête publique démarrera cet été, tandis que la Société du Grand Paris vient de voter son tout premier achat, celui de 37 rames pour le prolongement de la ligne 14. Voilà pour les données techniques. Le discours politique avait, hier, une tonalité bien légère, à quelques jours du début de la période de réserve électorale — qui verra d’ailleurs s’interrompre la signature des contrats de développement territoriaux. « C’est le premier sondage qui me réjouit autant », glissait ainsi Maurice Leroy, après avoir salué le premier « trou de mémoire » du métro automatique, « comme les bâtisseurs de cathédrales fêtaient autrefois les premières pierres ».

Source : Le Parisien – Gwenael Bourdon – Le 21 mars 2012