Aulnay-sous-Bois : Blocus au lycée Voillaume pour un bandeau

de | 2009-11-25

Aulnay-sous-Bois : Blocus au lycée Voillaume pour un bandeau - image  on http://www.billelouadah.fr Plusieurs dizaines d’élèves en colère ont organisé le blocus du lycée Voillaume d’Aulnay-sous-Bois hier matin. Dès l’ouverture, ils ont refusé de rejoindre les salles de classe de cet établissement du quartier Ambourget, pour prendre la défense de Sarah, une lycéenne qui s’est vu reprocher sa tenue vestimentaire par une conseillère principale d’éducation la semaine dernière.

« Une camarade a été menacée d’exclusion définitive si elle n’enlevait pas sa djellaba », explique une jeune fille. Beaucoup ont trouvé la situation « inadmissible, car de nombreux élèves la portent et, jusqu’à présent, cela n’a dérangé personne ». Après l’incident, les rumeurs les plus extravagantes se sont emparées du lycée. On parle de djellaba, de voile ou encore de propos racistes…
  
Des messages qui ont déferlé sur Internet et circulé par SMS. « J’ai fait la une de Facebook tout le week-end », soupire le proviseur. La mayonnaise est montée, jusqu’à la distribution d’un tract hier matin. Le chef d’établissement est convaincu que le texte « n’a pas été rédigé par nos élèves » et soupçonne « une manipulation derrière ». La jeune fille et son père ont été reçus au lycée hier matin et les cours ont repris normalement à 13h30.

« Il ne s’agit pas d’une affaire de voile »

Pour « mettre un terme à la désinformation », le proviseur est allé expliquer la situation à la classe de la jeune fille concernée.
« Il ne s’agit pas d’une affaire de voile, insiste-t-il. C’est juste un bandeau dont la taille n’a plus rien à voir avec un simple bandeau. On lui a dit, comme à un certain nombre d’élèves, que si elle ne fait pas attention à sa tenue et à son comportement, elle risque un conseil de discipline. Si on nous reproche ça, on doit aussi nous reprocher d’avoir averti une autre jeune fille qu’elle ne peut pas aller en stage avec la robe de soirée au décolleté agressif qu’elle portait la semaine dernière. »
  
Le proviseur dément formellement avoir menacé Sarah d’exclusion. « Nous sommes dans un Etat de droit, un élève ne s’exclut pas comme ça sur décision du prince », conclut-il. Hier après-midi, l’adolescente a choisi de respecter la consigne de ne plus parler de l’incident.

Source : Le Parisien – Aurélie Foulon – Le 24 novembre 2009