Aulnay-sous-Bois : « Bionoor, l’entreprise qui reboise l’Afrique »

de | 2010-10-16

Aulnay-sous-Bois : L’entreprise aulnaysienne Bionoor, spécialisée dans le commerce équitable, finance des plantations d’arbres dans les cours d’école en Afrique, comme ici au Niger (photo ci-contre)

De l’importation de dattes algériennes à la plantation d’arbres dans les cours d’écoles en Afrique. Vous ne voyez pas le rapport ? Hadj Khelil, patron de la société Bionoor, si. Voilà quelques années que ce jeune entrepreneur d’Aulnay, ancien trader à Londres, allie avec succès deux activités : le commerce de produits équitables, et la compensation carbone.

Soit la plantation de milliers d’arbres tous les ans dans plusieurs pays menacés par la désertification. Après le Sénégal, le Congo, l’Algérie, l’entreprise investit au Niger, en partenariat avec le Secours populaire des Yvelines.

10 centimes prélevés sur chaque kilo de dattes

« Nous leur fournissions des dattes et on s’est mis à monter ce projet », explique Hadj Khelil. Le chèque vient d’être signé, qui va permettre à une ONG locale d’acheter semences et matériel. « On plante dans les cours d’écoles. C’est un projet de reforestation pédagogique ! » souligne l’entrepreneur. « Les enfants se sentent responsables des plants, renchérit Pascal Rodier, du Secours populaire. Pour les arbres, on choisit des espèces locales. Des arbres d’ombrage, des espèces qui vont servir de clôtures pour les jardins, et des acacias pour reconstituer les zones de pâtures. »

Dans chaque pays, le principe est le même. Créer des pépinières ou se fournir auprès de partenaires, pour permettre ensuite aux jardiniers en herbe de reverdir leurs terrains de jeux. Bionoor finance ces opérations grâce à ses ventes, prélevant 7 centimes sur chaque kilo de pommes vendu, 10 centimes sur chaque kilo de dattes, et ainsi de suite. Mais il s’agit aussi d’un plan de développement pour l’entreprise fondée en 2002, puisqu’elle agit également pour le compte d’autres sociétés soucieuses d’environnement, grandes ou petites. Un restaurateur de Stains a ainsi contribué l’an dernier à la mise en terre de 250 plants en Algérie. Ces opérations représentent un véritable investissement : « Il faut en moyenne trois ans pour s’installer dans un nouveau pays. Ça représente environ 50 000 € », évalue Hadj Khelil, auquel le succès donne des ailes. Dans un mois, un autre partenariat devrait être finalisé à Madagascar.

« L’an dernier, on a planté 5 000 à 6 000 arbres dans trois pays. Mais ce n’est rien comparé à ce qu’on pourra faire quand nos pépinières vont arriver à maturité ! Je vise 50 000 arbres plantés en 2014, dans une dizaine de pays. » Rien ne lui fera toutefois abandonner ce qui fut le point de départ de l’épopée Bionoor : l’importation des fameuses dattes algériennes, produites sur des terres où se trouvait autrefois la petite exploitation de son grand-père. 

Source : Le Parisien – GB – Le 14 octobre 2010