Au moins vingt-six ministres candidats aux législatives

de | 2012-01-03

Les quatre cinquièmes du gouvernement se présenteront en juin.

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Ils seront fixés le 28 janvier, lorsque le conseil national de l'UMP leur donnera officiellement l'investiture. Mais vingt-six ministres au moins seront candidats aux législatives 2012. Soit les quatre cinquièmes du gouvernement, qui compte trente-quatre membres au total. Sans compter ceux qui s'interrogent encore mais seront vraisemblablement candidats.

Candidat malheureux aux élections sénatoriales, Maurice Leroy n'a pas encore officialisé sa candidature. Mais il devrait annoncer très prochainement qu'il brigue le siège de la troisième circonscription du Loir-et-Cher sous l'étiquette Nouveau Centre.

La ministre de l'Outre-Mer, Marie-Luce Penchard, hésite beaucoup aussi. «Mais elle devrait se porter candidate en Guadeloupe, dans l'ancien fief de sa mère Lucette Michaux-Chevry que détient actuellement le socialiste Victorin Lurel», affirme un ministre qui fait valoir que «le redécoupage a rendu cette circonscription beaucoup plus favorable à la droite».

Un candidat dissident

L'UMP cherche activement une circonscription à Jeannette Bougrab, même si son entourage assure qu'elle ne souhaite pas être à nouveau candidate.

Plusieurs poids lourds ont déjà pris les devants et créé la surprise. Le premier ministre François Fillon va ainsi quitter son fief de la Sarthe pour se présenter à Paris, dans la circonscription que vise la maire du VIIe arrondissement Rachida Dati, son ancienne garde des Sceaux. Elle n'a pas l'intention de renoncer et a multiplié, avant Noël, les attaques contre le chef du gouvernement. «Nous n'en savons pas plus sur la candidature de Fillon ni sur celui ou celle qui pourrait être son suppléant. C'est un grand mystère», explique un dirigeant de l'UMP. Pour l'opposition, l'arrivée de Fillon à Paris est un parachutage.

Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, est très critiqué depuis qu'en fin de semaine dernière il a annoncé son choix de faire son baptême électoral dans la neuvième circonscription des Hauts-de-Seine. Pierre-Christophe Baguet, le député UMP sortant, a choisi de se consacrer à sa ville de Boulogne-Billancourt. Mais Guéant va devoir composer avec un candidat dissident.

«Les jeux s'annoncent serrés»

Le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, a, quant à lui, annoncé dès juillet son intention de se porter candidat dans la deuxième circonscription de Gironde, qu'il avait perdue en 2007 face à la socialiste Michèle Delaunay. Un échec qui lui avait valu de quitter le gouvernement dans la foulée. «Les jeux s'annoncent serrés mais Juppé est aujourd'hui revenu sur la scène politique nationale et bénéficie d'une grande aura. Ce seront des atouts pour lui en 2012», estime un ministre. Le maire de Bordeaux, qui espère retourner à Matignon en cas de réélection de Sarkozy, sera candidat aux municipales de 2014 mais il songe à sa succession.

Sans surprise, la plupart des autres ministres candidats se représentent sur leur terre d'élection de 2007: Nathalie Kosciusko-Morizet (Essonne), François Baroin (Aube), Xavier Bertrand (Aisne), Luc Chatel (Haute-Marne), Valérie Pécresse (Yvelines), Bruno Le Maire (Eure), Laurent Wauquiez (Haute-Loire), Patrick Ollier (Hauts-de-Seine), Nadine Morano (Meurthe-et-Moselle), Jean Leonetti (Alpes-Maritimes), Pierre Lellouche (Paris), Benoist Apparu (Marne), Marc Laffineur (Maine-et-Loire), Édouard Courtial (Oise).

Après quelques hésitations et après avoir déclaré qu'elle se retirerait de la politique à 60 ans, Roselyne Bachelot sera candidate, pour la quatrième fois, dans la première circonscription du Maine-et-Loire. Le ministre des Sports, David Douillet, se présentera dans la douzième circonscription des Yvelines, qu'il avait gagnée en 2009 lors d'une partielle.

«L'UMP ne gênera pas la candidature de Sauvadet»

Le Nouveau Centre François Sauvadet veut conserver son siège de député de Côte-d'Or. «L'UMP ne gênera pas la candidature de Sauvadet. Il s'est prononcé clairement pour Sarkozy, il n'aura pas de candidat investi par l'UMP en face de lui», assure un dirigeant du parti présidentiel. Une faveur qui ne devrait pas être accordée à ceux qui soutiennent la candidature d'Hervé Morin.

Trois ministres tenteront leurs chances dans les nouvelles circonscriptions des Français de l'étranger. Parfois contraints et forcés. Marie-Anne Montchamp, dont l'ancienne circonscription du Val-de-Marne est supprimée pour cause de redécoupage, se présentera au Benelux. «Compte tenu des dissidences, notamment celle de Dominique Paillé, ce sera une élection difficile pour Marie-Anne», estime un élu UMP.

Frédéric Lefebvre n'a pas réussi à convaincre le maire d'Issy-les-Moulineaux André Santini, dont il est le suppléant, de lui laisser son siège. Mais il hérite de la circonscription États-Unis-Canada où il devrait affronter Julien Balkany, demi-frère du député maire UMP de Levallois-Perret. Quant à Thierry Mariani, il troque le Vaucluse contre la onzième circonscription des Français de l'étranger, qui va de la Russie au Vanuatu en passant par la Chine.

Source : Le Figaro – Anne Rovan – Le 3 janvier 2012