« A l’UMP, le féminin de député, c’est suppléante »

de | 2012-01-13

Sur les six circonscriptions acquises à la droite à Paris, six hommes ont été investis par l'UMP. Les femmes, du coup, montent au créneau.

« La colère gronde », martèle Brigitte Kuster, la maire UMP du XVIIe écartée de la 4e circonscription (XVIe et XVIIe arrondissement) au profit du professeur Bernard Debré. Depuis que l'UMP a décidé mercredi soir de n'accorder aucune investiture à des femmes dans des circonscriptions gagnables à Paris, un vent de rébellion souffle chez ces dames. Officiellement rien n'est encore figé jusqu'au Conseil national du parti qui entérinera définitivement les candidatures le 28 janvier. Il reste que, pour l'heure, sur les 18 circonscriptions que compte la capitale, seules cinq sont attribuées à la gent féminine, dont la plupart se trouvent dans l'est parisien et sont à priori acquises à la gauche.

Parmi les « sacrifiées », Rachida Dati, dont la circonscription a été « offerte » au Premier ministre François Fillon. Le destin définitif de la députée européenne doit encore être tranché. De même, Marie-Claire Carrère-Gée, très soutenue localement pour la 11e circonscription (XIVe), n'est finalement pas investie. Les instances ont préféré le maire du VIe, Jean-Pierre Lecoq.

"Les femmes vont se fâcher"

Géraldine Poirault-Gauvin, élue du XVe arrondissement, a donc sonné la charge jeudi, en appelant les femmes de son parti à des « candidatures représailles » dans toutes les circonscriptions de Paris acquises à la droite. « Ils ont osé: zéro femme à l'Assemblée nationale pour représenter l'UMP à Paris en juin 2012. Sur les 6 circonscriptions acquises à la droite à Paris, 6 hommes investis, s'indigne-t-elle. On a été très gentilles jusqu'à présent, mais là les femmes vont se fâcher très, très fort », a-t-elle prévenu.

La contre-attaque n'a pas tardé : dans un communiqué, trois candidates investies –Roxane Decorte (17e circonscription), Anne-Sophie Grouchka (9e) et Nathalie Fanfant (15e)– ont affirmé être l'« illustration que l'UMP a fait le choix de donner leur chance à des femmes » et estimé qu'« aucune citadelle n'est imprenable ».

A l'heure actuelle, l'Assemblée nationale ne compte que 18,5% de femmes et en Europe la France occupe la 19e place (sur 27) pour la représentation politique des femmes. Pour l'UMP, la facture du non-respect de la parité dans les candidatures aux législatives pourrait donc être salée. Le parti majoritaire paie déjà 4 millions d'euros d'amende par an, contre 500.000 euros pour le PS.

Source : France Soir – Christine Ollivier – Le 13 janvier 2012